Publié le 22 février 2021

ÉCONOMIE

Le bitcoin tisse des liens de plus en plus étroits avec l’économie réelle

La plus célèbre des cryptomonnaies sort de son enclos ! Cantonné au virtuel depuis ses débuts, le bitcoin intéresse de plus en plus les acteurs de l’économie réelle du fait de l’explosion de sa valeur. Du rappeur Jay-Z qui lance un fonds pour développer son utilisation, aux géants des systèmes de paiement qui espèrent l’inclure sur leur plateforme, en passant par les entreprises et investisseurs qui participent allègrement à la spéculation, les interactions se multiplient depuis quelques semaines.

Jay Z CCO
Le rappeur américain Jay-Z et Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, ont créé Btrust, une initiative dotée d'environ 25 millions de dollars pour développer l'utilisation du Bitcoin.
@CCO

Le bitcoin n’en finit pas de franchir des seuils symboliques. La valeur de la monnaie numérique basée sur la technologie de la blockchain a dépassé les 50 000 dollars début février pour friser les 60 000 dollars aujourd'hui, après n’avoir cessé de grimper depuis le début de l’année. La valeur de tous les bitcoins existants dépasse depuis le week-end dernier les 1000 milliards de dollars ! Cette envolée fulgurante de la cryptomonnaie ne pouvait pas laisser indifférent bon nombre d’acteurs de l’économie réelle, qui commencent à mettre en place des ponts entre cet actif jusque-là cantonné sur la blockchain et le reste de l’économie.

Des initiatives pour faire du bitcoin une véritable monnaie, permettant d’acheter des biens et services dans le monde réel, font ainsi leur apparition. C’est même l’ambition du rappeur Jay-Z et de Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, qui ont créé Btrust, un fonds de dotation dont l’objet sera de faire du bitcoin la devise d’Internet. Les deux personnalités y ont placé au total 500 bitcoins (près de 25 millions de dollars), en lui donnant la mission de financer des initiatives d’abord en Afrique et en Inde.

Visa et Mastercard s’intéressent à ces devises numériques, bitcoin et autres, pour éventuellement les intégrer dans leur offre. Visa a ainsi déjà signé un partenariat avec Coinbase, une société dont l’objet est de permettre d’effectuer des paiements en Bitcoin, pour lancer la carte Coinbase. Mastercard a également annoncé intégrer certaines cryptomonnaies dans son réseau, telles que les stablecoins. "Quelles que soient vos opinions sur les cryptomonnaies (…), le fait demeure que ces actifs numériques deviennent une part plus importante du monde des paiements", écrit ainsi Raj Dhamodharan, vice-président de Mastercard en charge de la blockchain.

Participer à la fête

Avant d’être une véritable monnaie d’échange, le bitcoin reste avant tout un actif spéculatif. Et de nombreuses institutions financières ayant pignon sur rue ne veulent pas passer à côté de la fête, comme BlackRock, le plus grand gérant d’actifs du monde. Des entreprises traditionnelles en font autant, comme Tesla dont l’annonce de l’investissement de 1,5 milliard de dollars a fait bondir le cours du bitcoin.

D’autres veulent rendre l’investissement dans le bitcoin accessible au plus grand nombre. Au Canada, la société de gestion 3iQ a obtenu des autorités de régulation l’autorisation de lancer son fonds sur le bitcoin début février, permettant aux particuliers canadiens d’investir leur épargne dans ce cryptoactif. Il a connu un succès immédiat dès son lancement le 18 février, le positionnant tout de suite dans le top 10 des fonds les plus échangé de la Bourse de Toronto, selon le Financial Times, démontrant l'appétit frénétique des particuliers pour cet actif. Aux États-Unis, la banque BNY Mellon s’apprête à lancer une nouvelle plateforme permettant à ses clients de gérer leurs cryptoactifs.

La "folie" du bitcoin commence donc à sortir de l’entre-soi de quelques passionnés de la blockchain, pour devenir une tendance émergente. La valeur du bitcoin reste cependant extrêmement fluctuante et le risque d’une rechute brutale n’est pas à exclure. Les interactions de plus en plus nombreuses avec le monde réel posent donc un nouveau risque d’instabilité. Les autorités de supervision financières nationales, dont l’Autorité des marchés financiers (AMF) en France, multiplient les mises en garde contre ces cryptoactifs.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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