Publié le 01 juin 2021

ÉCONOMIE

Faire de l’industrie circulaire un modèle de référence pour réduire l’empreinte environnementale

Quels modèles pour réduire drastiquement l’empreinte environnementale de l’industrie française tout en relocalisant sans oublier de relancer l’économie ? Question complexe portée dans le débat public par deux organisations. Pour l’Inec, il faut doper les projets d’industrie circulaire, pour l’Ademe le plan de relance permet d’apporter des investissements massifs dans des projets de décarbonation, l’idéal étant de combiner les deux !  

Arcelor Mittal Dunkerque Ministeredel Economie 01
Le mode de production industriel d’aujourd’hui consiste à utiliser des matières premières venues du monde entier, extraites de ressources naturelles épuisables et pour certaines déjà menacées.
@Bercy

Nourrir le débat public sur l’évolution du modèle industriel français pour conjuguer performances environnementales et économiques, constituait le défi relevé par deux conférences organisées le 1er juin.  La première émanait de l’Institut National de l’Industrie Circulaire (Inec) qui espère faire de l’industrie circulaire le modèle de référence. Ce concept, encore peu répandu, vise à faire remplacer le modèle linéaire de l’industrie actuelle par un processus circulaire pour réduire au maximum l’empreinte environnementale. 

Le mode de production industriel d’aujourd’hui consiste à utiliser des matières premières venues du monde entier, extraites de ressources naturelles épuisables et pour certaines déjà menacées. Les produits sont ensuite distribués, consommés et jetés en causant, à chacune des étapes, des dommages environnementaux. L’industrie circulaire a pour ambition de les réduire au maximum en se focalisant sur la durabilité des res­sources, l’allongement de l’usage des produits et leur régénération. Cela permet non seulement d’obtenir des bénéfices environnementaux mais aussi de créer des emplois locaux et donc de la valeur ajoutée sociale. 

"Les usines ont beaucoup évolué sur le plan environnemental", explique Gregory Richa, associé d’Opeo, co-auteur de l’étude Pivoter vers l'industrie circulaire"Avec la digitalisation de l’in­dustrie 4.0, l’optimisation du recyclage et des flux énergétiques, l’impact environne­mental a été réduit et la compétitivité des industries améliorée. Toutefois, l’usine elle-même représente rarement plus de 5% de leur empreinte environnementale des produits vendus par une entreprise. Ces progrès sont donc parcellaires et pas à l’échelle."

Transition industrielle bas carbone

L’objectif climat est primordial en revanche pour l’Ademe qui met l’accent sur les plans de transition sectoriels bas carbone. Ils participent d’un programme européen plus large, Finance Clim’Act, auquel était dédié un évènement digital organisé le 1er juin au matin dans le cadre de la semaine verte européenne. L’Ademe a mis en exergue les moyens consacrés par le plan de relance à la décarbonation de l’industrie française.

"Nous avons une enveloppe d’1,2 milliard d’euros qui doivent, entre 2020 à 2022, financer la baisse des émissions de CO2 des processus industriels et celle des sources d’énergie", explique Cyrielle Borde, cheffe de service adjointe, Service Industrie, Ademe. "C’est une somme très importante, deux fois plus élevée que celle qui sont habituellement mises à notre disposition."

Les industriels, à l’image de Saint Gobain saluent cette initiative qui les aide à inventer de nouveaux process et de nouveaux modes de commercialisation. "À Saint Gobain, nous avons bien sûr des équipes de R&D qui travaillent à transformer notre industrie", explique Lucile Kotler-Charbonnier, directrice développement durable et RSE, Saint-Gobain-ISOVER France "mais les programmes de financement de projets de France Relance et du Plan d’Investissement d’Avenir aident ces équipes à faire passer nos innovations à une échelle beaucoup plus importante."

Message commun à l’Ademe et l’Inec : il faut accélérer la transition, mettre en place des démonstrateurs industriels et inventer de nouvelles façons de produire et de consommer pour répondre à une transformation ultrarapide de la demande des salariés et des clients. Les produits de seconde main qui ne représentent qu’1 % de l’électro ménager aujourd’hui progressent rapidement dans des secteurs comme le textile ou l’électronique. Le succès de Back Market en témoigne.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic


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