Publié le 02 février 2021

ÉCONOMIE

Aller vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050, c'est techniquement possible

L'objectif de neutralité carbone visé par la France en 2050 repose en partie sur le développement d'une énergie non carbonée. Pour cela, le pays mise sur le développement des énergies renouvelables. Dans un rapport très attendu remis le 27 janvier, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirment qu'aller vers 100 % d'énergies renouvelables est possible, sous certaines conditions. 

parc éolien Normandie Istock
Parc éolien en Normandie.
Florent Martin

La France a fait le choix d'une réduction d’environ 20 % de la part du nucléaire dans la production d'électricité d'ici à 2035, dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE). Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, le développement des énergies renouvelables est essentiel. Avec une interrogation : est-ce que ces énergies vertes, intégrées en grande quantité, sont en mesure de garantir la sécurité énergétique du pays?

Un rapport, produit par le gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité (RTE), et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) remis le 27 janvier au ministère de la Transition écologique répond à l’affirmative. Très attendu, il étudie "la faisabilité technique d’un mix énergétique intégrant une proportion élevée d’énergie renouvelable" d'ici 2050. 

Possible mais sous conditions

L'étude décortique plusieurs scénarios, avec ou sans le recours au nucléaire. À terme, intégrer 50 à 100% d’éolien et de solaire est possible, mais sous quatre conditions. La première est de pouvoir gérer l’intermittence de la production (le solaire ne produit que le jour et l'éolien que quand il y a du vent) pour permettre la sécurité de l’alimentation en électricité. Pour cela, il est nécessaire de développer de manière importante le stockage de l’énergie à grande échelle, l'interconnexion transfrontalière, et le pilotage de la demande.

La deuxième est d’assurer la stabilité de la fréquence à 50 Hz pour pouvoir maintenir le bon fonctionnement du réseau, alors que l’éolien et le solaire ont une puissance fluctuante. L'équilibre entre la production d'électricité et la consommation est d’autant plus difficile que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques sont inégalement répartis sur le territoire. Pour combler cet écart, il est nécessaire dans un troisième temps de développer des outils de production tenus en réserve qui seront sollicités en cas de besoin. Enfin, il est nécessaire de déployer le réseau de transport nécessaire à l'acheminement de l’électricité.

"Beaucoup de problème restent à résoudre", admet Xavier Piechaczyk, président de la RTE. Mais pour Barbara Pompili, ministre de la Transition énergétique, le résultat de l'étude est un bonne nouvelle. "Nous avons désormais la confirmation que tendre vers 100 % d'électricité renouvelable est techniquement possible" a-t-elle commenté en évoquant un "moment copernicien pour le monde de l’énergie".

Une première étape

Reste du travail à faire. L’étude de la faisabilité technique constituait la première étape. D’autres analyses sur le coût économique de chaque scénario, leur empreinte environnementale, liée notamment au développement des infrastructures, et l’impact social (les conséquences sur le mode de vie des français), seront publiées à l’automne 2021.

Le rapport a été commandé dans un moment clé. La majorité des centrales nucléaires actuelles seront mises à l'arrêt entre 2030 et 2050. La décision de lancer, ou non, les prochains chantiers pour renouveler le parc existant devrait être prise au prochain quinquennat.

 Pauline Fricot, @PaulineFricot


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