Publié le 07 décembre 2017

ISR / RSE

Crédit Agricole sort des sables bitumineux et annonce 100 milliards de financements verts

C’est la deuxième banque française à désinvestir des énergies fossiles les plus polluantes, à savoir le charbon, le pétrole de l’Arctique et les sables bitumineux. Si les engagements de Crédit agricole ne vont pas aussi loin que ceux de BNP Paribas, ils constituent une bonne nouvelle à l’approche du One Planet Summit, le sommet organisé par Emmanuel Macron le 12 décembre pour mettre la finance climat au cœur des débats. 

La banque ne soutiendra plus de projets de sables bitumineux dans le monde.
Rezac / WWF-UK

Les annonces se multiplient à l’approche de la séquence finance climat organisée la semaine prochaine à Paris. Crédit agricole a revu à la hausse ses engagements. Après avoir exclu le charbon dès 2015, la banque annonce désinvestir plus largement des "hydrocarbures les moins performants sur un plan énergétique et les plus impactants pour l’environnement", sables bitumineux en tête.

Crédit agricole va parallèlement accélérer le financement de la transition énergétique avec un objectif de 100 milliards d’euros de financements verts d’ici 2020 et le financement d’un projet d’énergie renouvelable sur trois en France au même horizon. Par ailleurs, l’empreinte carbone directe de la banque sera entièrement compensée jusqu’en 2040 à travers le fonds Carbone Livelihoods.

Exit les sables bitumineux

Dans la foulée de BNP Paribas, Crédit agricole exclut tous les projets de sables bitumineux. En revanche, alors que la première banque française a désinvesti également de tous les projets de gaz et pétrole de schiste, Crédit Agricole ne se retire que des projets les plus polluants (ceux qui occasionnent un torchage ou une évaporation excessifs). La banque ne financera plus non plus de projets de pétrole issu de l’Arctique (off-shore et on-shore) et se désengage des projets d’infrastructures liés aux activités désormais exclues (pipelines, usines, utilités…).

"Nous sommes accompagnateurs du progrès : notre rôle est d’accélérer la transition énergétique et d’inciter, par nos expertises, nos clients à faire évoluer leurs modèles économiques. Pour être efficace, nos engagements se doivent donc d’être précis et techniques", a souligné Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole.

100 milliards d’euros de financements verts       

D’un autre côté, Crédit agricole va plus loin dans ses financements verts. Elle se fixe un objectif de 100 milliards d’euros de financements verts arrangés dans le monde (green bonds et green loans) d’ici 2020. À comparer à l'annonce de la banque britannique HSBC qui s’est engagée à hauteur de 100 milliards de dollars d'ici à 2025.

En complément, Crédit Agricole souhaite également financer un projet d’énergie renouvelable sur trois dans l’Hexagone et multiplier ainsi par deux leurs financements. Fin 2016, elle avait consacré près de 520 millions d’euros à ce secteur clé de la transition énergétique. 

Concepcion Alvarez @conce1


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