Publié le 13 avril 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Quand la collaboration entre grands groupes et startups fait tourner l'économie plus rond

Quand la startup Phenix qui lutte contre le gaspillage alimentaire rencontre le promoteur de centres commerciaux Unibail-Rodamco ou quand La cagnotte des champs, qui promeut les modes d’agriculture durables travaille avec le distributeur E.Leclerc, cela permet d'accélérer la transformation de l'économie…Témoignages. 

La cagnotte des champs 01
Grâce à la collaboration entre E.Leclerc et La Cagnotte des champs, des agriculteurs peuvent travailler en circuit courts, avec les supermarchés locaux.
La Cagnotte des champs

Dans le centre commercial d’Aéroville, près de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, un étrange ballet a lieu le soir venu. Les équipes de Phenix font le tour des enseignes alimentaires pour récupérer les invendus. En trois mois l’équivalent de 3 600 repas ont évité la poubelle et ont pu être donnés aux plus démunis, à travers des associations (voir notre vidéo). Un nouvel exemple de collaboration réussie avec un grand groupe, le promoteur Unibail-Rodamco, pour la start-up. Depuis trois ans, celle-ci travaille avec les plus grandes enseignes de distribution pour lutter contre le gaspillage alimentaire.

Agilité et innovation

Pourtant, l’association n’a pas toujours été évidente reconnaît Jean Moreau, le fondateur de Phenix. "Le temps de décision est incroyablement long pour les grands groupes. Le plus souvent entre 18 et 24 mois. Entre temps, une startup a le temps de mourir 3 fois !". Une lenteur que ne minimisent pas les grands groupes. Mais, conscients de l’apport des startups, elles tentent de s’adapter. "Quand nous avons décidé de travailler avec des startups nous avons essayé de nous mettre à leur rythme. Surtout nous avons décidé d’ouvrir grands nos portes et de dédier du temps hommes pour leur faciliter la tâche sur la compréhension des flux de déchets et les possibilités d’optimisation", précise Jean Collet, directeur d’UR link au sein d’Unibail-Rodamco.

L’enjeu pour le groupe du CAC40 était en effet majeur : son objectif est, à horizon 2030 de réduire son empreinte carbone de 50%. Impensable sans mettre en place à large échelle l’économie circulaire dans ses centres commerciaux. "Les solutions n’existaient pas en interne, seules des startups, qui ont une capacité d’agilité et d’innovation bien plus grandes que nous, pouvaient nous aider", reconnaît le responsable.  

Des expérimentations rapides

L’agilité et l’innovation, c’est aussi ce que cherche l’enseigne de distribution E.Leclerc pour déployer des actions de développement durable à forte valeur ajoutée pour ses clients. Pour ce faire, elle aussi a frappé à la porte de l’incubateur de la ville de Paris, Paris&Co, pour trouver des startups à son pied. Il y a quelques mois, c’est La Cagnotte des champs, une toute jeune pousse qui promeut les modes de production responsable à travers des financements innovants (microdons des consommateurs et abondements de groupes) qui lui a tapé dans l’œil. Une matinée de rencontre sur l’innovation entre la startup et une vingtaine de directeurs de magasins a permis de réaliser un premier test dans un supermarché du Nord de la France. Avec succès.

En une semaine, des animations dans le magasin de Templeuve ont permis de récolter près de 2 000 euros auprès d’un millier de clients (abondés à peu près à la même hauteur par le magasin) pour permettre à l’exploitation de Franck Dillies, située à 8 km du supermarché, de créer un atelier de yaourts. Ses produits locaux sont désormais référencés dans le magasin. Et peut être bientôt dans plusieurs autres de la région.

Des partenariats gagnants-gagnants

Pour les grands groupes comme pour les startups, ces partenariats sont gagnants. "Notre objectif a toujours été d’avoir un impact important. Or 80 % de l’alimentation passe par la grande distribution. L’association avec de grandes enseignes est donc essentielle, estime Paul Dufour, le co-fondateur de La Cagnotte des champs. Par ailleurs, pour de jeunes entrepreneurs comme nous ( 25 ans, NDLR), cela nous a permis de grandir plus vite professionnellement et de monter en compétences".

Même enthousiasme du côté des grands groupes. "En plus de l’innovation, cette collaboration nous apporte de nouveaux marchés, de nouveaux business model et une nouvelle façon de s’organiser", souligne ainsi Jean Collet, d’Unibail Rodamco. Quant à Leclerc, l’association avec la startup lui a non seulement permis de tester rapidement le concept mais aussi de valoriser des initiatives existantes mais trop peu valorisées, comme les alliances locales avec 10 000 producteurs, souligne Stéphan Arino, directeur qualité et développement durable de E.Leclerc.

"Grands groupes et startups sont complémentaires : les premiers apportent l’échelle quand les seconds sont des viviers de nouvelles technologies, souligne de son coté Stéphanie Maurisset, responsable de l’incubateur de Paris & Co dédié à l’économie circulaire.Si l'on prend l'exemple de l’économie circulaire, celle-ci demande de la collaboration et surtout de bouleverser son business model, ce qui est loin d’être évident quand on est un grand groupe. L’apport d’une startup, plus disruptive, qui va apporter un regard neuf, peut permettre de mieux opérer le changement."

Béatrice Héraud @beatriceheraud

 

Pour en savoir plus

Retrouvez les bonnes pratiques d'E.Leclerc et d'autres entreprises sur la plateforme Bipz


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