Publié le 21 mai 2019

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

Elon Musk, le PDG de Tesla, devra faire approuver ses tweets avant de les publier

Elon Musk, PDG de Tesla, a accepté de faire valider ses tweets liés au constructeur de véhicules électriques avant de les publier, dans le but de mettre fin à un litige avec le gendarme américain de la Bourse, la SEC.

Elon Musk est le fondateur et président de Tesla et SpaceX.
@PeterParks/AFP

Elon Musk est parvenu à un accord à l'amiable avec l'autorité des marchés financiers, qui l'accusait d'outrage et demandait à la justice new-yorkaise d'intervenir, selon des documents judiciaires. Celui-ci permet aux deux parties d'éviter à la justice de trancher un litige dont l'issue était très observée par les marchés financiers.

Cet accord doit encore être approuvé par une juge new-yorkaise. Il prévoit que toutes les communications du dirigeant liées à Tesla quel qu'en soit le support - réseaux sociaux, communiqués de presse, conférences téléphoniques - soient désormais approuvées auparavant par un avocat expérimenté en affaires financières et réglementaires.

Sont en particulier concernés tous les tweets contenant des informations sur la situation financière de Tesla, d'éventuelles fusions-acquisitions, les prévisions, les chiffres de production ou de nouvelles activités ou produits. Le feu vert de l'avocat spécialisé n'est en revanche pas nécessaire si les informations en question ont déjà été publiées par Tesla, est-il précisé.

Un tweet à plusieurs milliards

La SEC, le gendarme boursier, reprochait à Elon Musk, connu pour son caractère fantasque, d'avoir multiplié des tweets dont le contenu était susceptible de tromper les investisseurs et d'influencer le cours de l'action du constructeur de véhicules électriques. En octobre dernier, les deux parties avaient déjà conclu un accord à la suite d'un tweet du 7 août dans lequel l'entrepreneur assurait disposer des financements appropriés pour retirer Tesla de la Bourse.

Celui-ci avait fait flamber l'action et fait perdre beaucoup d'argent à des investisseurs ayant parié sur l'effondrement du titre du groupe, dont la rentabilité demeure fragile plus de quinze ans après sa création. N'étant pas parvenu à apporter les preuves de son affirmation, Elon Musk s'était vu infliger une amende de 20 millions de dollars par la SEC.

Le régulateur avait aussi obtenu à l'époque que toute communication du patron "contenant ou pouvant contenir des informations susceptibles d'affecter Tesla ou ses actionnaires" soit passée en revue par les juristes de l'entreprise avant d'être publiée.

Ludovic Dupin avec AFP


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