Publié le 09 août 2019

ENVIRONNEMENT

Coca-Cola et PepsiCo claquent la porte du lobby américain du plastique

Les deux premiers producteurs de bouteilles en plastique de la planète, Coca-Cola et PepsiCo, ont décidé de se retirer du principal organisme de lobbying de l’industrie du plastique au monde. Les deux géants étaient de plus en plus acculés par leurs investisseurs et leurs consommateurs les jugeant responsables de la pollution des océans.

Cocal-Cola est le premier producteur de bouteille en plastique au monde.
@Pxhere

La pression devenait un peu trop grande pour les deux géants des boissons, Coca-Cola et PepsiCo. Les deux entreprises ont annoncé simultanément leur retrait de la Plastics Industry Association, principal lobby du secteur plastique outre-Atlantique. La décision a un effet immédiat pour le premier et entrera en vigueur à la fin de l’année pour le second.

Les deux mastodontes de l’agroalimentaire ne sont pas rentrés dans le détail des raisons de cette décision. Un porte-parole de Coca-Cola se limite à expliquer dans la presse américaine que "[la Plastics Industry Association] tenait des positions qui ne correspondaient pas pleinement à nos engagements et à nos objectifs". De son côté, PepsiCo assure "ne pas participer au travail de plaidoyer de l'association ou de ses filiales".

Premier producteur de déchets dans l’océan

Coca-Cola est le premier producteur de bouteilles plastiques au monde avec 100 milliards d’unités par an. La plus grande marque de soda au monde est de plus en plus appelée à prendre en compte le danger du plastique par ses investisseurs, des ONG et ses consommateurs de plus en plus sensibles à la pollution des océans. En 2018, l’entreprise avait souffert d’une très mauvaise publicité après la massive opération de nettoyage réalisée dans 42 pays par le mouvement Break Free From Plastic. Sur les milliers de tonnes de plastique ramassées, la marque rouge arrivait largement en tête.

Début 2019, cette dernière a pris des engagements en la matière. Elle assure vouloir collecter et recycler l'équivalent de tous ses contenants d'ici 2030. Elle vise également à fabriquer tous ses emballages avec une moyenne de 50 % de contenu recyclé à la même date. De son côté, PepsiCo, le deuxième producteur de bouteilles au monde, évoque l’utilisation de matières alternatives pour certains de ses produits, en particulier l’aluminium déjà largement employé dans les canettes et plus aisé à recycler.

Rapporté par CNN, l’association professionnelle regrette le retrait des deux industriels car elle assure ne pas être seulement un organisme de lobbying mais aussi un outil d’innovation. "Nos membres travaillent ensemble pour aligner leurs efforts afin de placer le recyclage et la durabilité à l'avant-plan de leurs activités", assure Patty Long, présidente et directrice générale de la Plastics Industry Association.

Naissance d’une empreinte plastique

De leur côté, plusieurs ONG soulignent positivement la décision de Coca et PepsiCo. Selon Dianna Cohen, PDG de la Plastic Pollution Coalition, "Coca et Pepsi avaient fait le mauvais choix en rejoignant l’organisation de lobbying", dont les objectifs sont "vraiment mauvais". "Les entreprises comprennent qu'elles ne peuvent pas publiquement dire qu'elles veulent mettre fin à la pollution plastique, tout en soutenant financièrement une association qui milite en faveur de notre dépendance continue à l'égard des plastiques jetables", juge pour sa part Greenpeace US.

En juillet, Novethic a publié une note Orange sur le risque plastique pour les entreprises. Selon les auteurs : "Les investisseurs engagés s’interrogent sur leur exposition au risque plastique. Pour la mesurer, ils invitent les entreprises à dévoiler leur stratégie sur le recyclage et la dépendance de leur modèle à cette matière […] Ils esquissent ainsi une notion d’empreinte plastique".

Ludovic Dupin @LudovicDupin


© 2020 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

ENVIRONNEMENT

Pollution

Fleuves impropres à la consommation, terres stériles, produits toxiques déversés massivement, la liste des pollutions de toutes natures est longue. Les initiatives visant à les réduire se font plus nombreuses mais elles restent très inférieures aux besoins.

Silence animaux ville confinement covid AntoninBurat HansLucas AFP

[Bonne Nouvelle] Avec le reconfinement, le retour du silence

Chacun d’entre nous a pu expérimenter le calme et de nouveaux bruits venus de la nature durant le premier confinement au printemps dernier. Mais ce n’était pas qu’un ressenti. Une vaste étude menée à travers le monde a montré que le "bruit sismique" a baissé de 50 % pendant plusieurs mois à la...

Embouteillage pollution voiture

En France, la pollution de l’air coûterait 1 000 euros par habitant et par an

Si vous êtes Parisien, la pollution de l'air vous coûte cher : 1 602 euros par an. À Lyon, comptez 1 134 euros et à Nice, 1 128 euros. C'est ce qu'a calculé l'Alliance européenne de santé publique dans une nouvelle étude. Des montants élevés qui répondent aux coûts socio-économiques de cette...

Unilever Rotterdam iStock Poulssen

Unilever va consacrer 1 milliard de dollars pour supprimer les fossiles de ses produits d’entretien

Depuis quelques mois Unilever multiplie les annonces liées à la réduction de son empreinte environnementale. Après avoir annoncé 1 milliard de dollars pour des projets liés à la biodiversité, le géant de la grande consommation assure qu’il va consacrer un autre milliard à l’élimination des dérivés...

Uber congestion pollution climat TE

Uber chasse les véhicules diesel de son parc et prend le chemin de la neutralité carbone

Uber veut faire sa "révolution électrique". Dès 2024, plus aucun véhicule diesel ne roulera pour la plateforme en France. Pour cela, le groupe prévoit un fonds de 75 millions d'euros sur cinq ans, dont la moitié sera payée par les usagers, pour aider financièrement les chauffeurs à acheter une...