Publié le 28 novembre 2014

ENVIRONNEMENT

Le climat, "grande cause nationale en 2015"

Tandis que Paris sera l’hôte de la conférence mondiale sur le climat fin 2015, la lutte contre le dérèglement climatique a été déclarée "grande cause nationale" pour l’année à venir. C’est le Premier ministre qui l’a annoncé lors de son discours de clôture de la 3e Conférence environnementale. Il a également insisté sur un point qui va rassurer l’industrie : "l’écologie ne doit pas être un frein à l’économie". Il a enfin estimé qu'avoir privilgié le gazole depuis 30 ans était une "erreur".

Manuel Valls lors de son discours de clôture de la conférence environnementale des 27 et 28 novembre 2014.
© Martin Bureau / AFP

En 2015, la question climatique sera au centre de la politique environnementale de la France. Et de la politique gouvernementale tout court. C’est le message qu’a voulu envoyer le Premier ministre aux participants (partenaires sociaux, associations, parlementaires, collectivités territoriales et Etat) de la 3e Conférence environnementale en décrétant la lutte contre le dérèglement climatique "grande cause nationale de l’année 2015".

Mais peu de grandes annonces ont été faites dans ce discours de clôture. "Les deux années précédentes, plusieurs organisations avaient fait le reproche du manque d’appropriation des propositions des tables rondes de la Conférence environnementale par le gouvernement. Nous en avons tenu compte, a assuré Manuel Valls. C’est pourquoi la feuille de route interministérielle sera présentée lors de la tenue d’un conseil national de la transition écologique exceptionnel en janvier."

 

Un calendrier d’actions devrait suivre rapidement

 

"Cette Conférence environnementale est un moment d’accélération de la prise de conscience et de l’action. 14ministres y ont participé, cela montre l’engagement gouvernemental", a pour sa part insisté la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, avant d’assurer qu’elle allait "s’emparer des conclusions de chacune de ces tables rondes. En face de chacune des propositions, je m’assurerai de mettre en place un calendrier, le support juridique et la méthode d’action".

Le gouvernement doit effectivement faire le tri entre les multiples propositions des trois tables rondes qui se sont tenues les 27 et 28 novembre sur le climat, les transports et la santé environnementale.

 

Transports : un mea culpa et une prime anti-diesel

 

Sur la question des transports, le Premier ministre a d’ores et déjà fait le mea culpa de la France sur le diesel : "En France, le moteur diesel a longtemps été privilégié. Ce fut une erreur. Il faut progressivement revenir dessus, avec intelligence et pragmatisme. Notre fiscalité doit continuer à être orientée pour entraîner les choix écologiques de nos concitoyens. La réduction de l’écart de taxation entre l’essence et le gazole prévue par le projet de loi de finances pour 2015 y contribuera." Le comité pour la fiscalité écologique – en suspens depuis plusieurs mois – devrait aussi pouvoir proposer de nouvelles pistes.

Le gouvernement travaillera aussi à l’extension de la prime à la conversion des vieux véhicules diesel aux véhicules propres, et pas seulement aux véhicules électriques. C’était une demande des ONG. Et soutient l’expérimentation de l’écotaxe en Alsace et en Lorraine. "En 2015 sera également mis en place un système d’identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes. Ce système aidera les collectivités à développer des politiques favorisant les véhicules les plus propres." Mais interrogée par la suite sur les modalités d’application, la ministre de l’Ecologie est restée floue. Ségolène Royal a tout de même admis que tous les véhicules (privés et flottes d’entreprises) sont concernés. Pour la ministre de l’Environnement, "le système devrait être rapidement opérationnel. Fin février, tout devrait être en place".

Sur la santé environnementale, le gouvernement semble opérer un changement de cap ou tout le moins marquer une prise de conscience de l’importance du sujet. Il devrait notamment amender le texte de la loi de santé publique pour y intégrer une partie sur l’environnement. "Il était temps", a commenté Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie.

 

Economie et écologie main dans la main

 

Mais Manuel Valls a aussi tenu à rassurer les forces économiques. L’environnement oui, mais tant que les mesures mises en place ne s’opposent pas à l’économie. Mieux, elles doivent la servir. "Le défi principal, plus encore que de réconcilier écologie et économie, c’est que l’enjeu environnemental soit un chemin, un atout pour notre économie, a-t-il affirmé. Je crois à une écologie fondée sur l’innovation. Je crois à une écologie qui n’a pas peur du développement, qui ne regarde pas la science, le progrès technologique, l’industrie, avec méfiance ou, pire encore, comme des ennemis. Je crois à une écologie qui crée de nouvelles filières, en particulier dans l’agriculture. Le chemin que nous traçons, c’est celui qui favorise notre croissance tout en protégeant notre environnement." Mais il faut aussi "veiller à la compétitivité de notre économie, a poursuivi Manuel Valls. Certaines (entreprises) ont des besoins importants en énergie; certaines ont des niveaux d’émissions encore élevés. Il n’est pas question de les voir partir à l’étranger. Il faut rendre possible leur conversion".  

Béatrice Héraud
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