Publié le 06 novembre 2014

ENVIRONNEMENT

Face à la nouvelle majorité républicaine, les défis environnementaux qui attendent Obama

Aux Etats-Unis, la victoire des Républicains aux élections de mi-mandat va contrarier la politique environnementale de Barack Obama. Le président américain va devoir batailler ferme pour continuer à avancer sur la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, notamment en vue de la COP21. Et il devra certainement céder sur certains dossiers sensibles, à commencer par le projet d’oléoduc Keystone XL.

Pete Souza / Wikimedia commons
© Barack Obama reçoit le républicain Mitch McConnel dans le bureau ovale de la Maison-Blanche en août 2010.

"Ce n’est pas un changement positif..." C’est par cette litote que Karen Orenstein, membre de l’ONG Friends of the Earth, résume la large victoire des Républicains aux élections de mi-mandat. A deux ans de la fin du mandat de Barack Obama, le parti conservateur a pris les commandes du Congrès. Une cohabitation va s’installer.

 

Grâce à son droit de veto, le président américain garde la possibilité de bloquer certains textes ou, au contraire, d’en faire passer d’autres en force. Mais il ne pourra pas mener bataille sur tous les fronts. Son agenda environnemental, jusqu’ici plutôt volontariste, est grandement remis en cause.

 

Le dossier brûlant du pipeline de Keystone

 

Parmi les dossiers brûlants, celui de Keystone XL, le pipeline imaginé pour relier les gisements de sables bitumineux du Canada aux raffineries du golfe du Mexique. Barack Obama jouait jusqu’ici la montre, évitant de statuer sur un projet combattu par les associations écologistes.

 

Mitch McConnell, le nouveau patron des Républicains au Sénat, a promis dans son discours d’après-victoire une loi sur l’énergie. Une loi intégrant le projet Keystone. Quelques minutes plus tard, Barack Obama, comme pour déminer le dossier, a assuré qu’il ne s’agissait que d’un "petit aspect" de la politique énergétique américaine. Le président sait que même au sein du parti démocrate des voix  plaident désormais en faveur de la construction de cet oléoduc.

 

"Charbon, armes, liberté", une devise des Républicains

 

Et quid de l’objectif de réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre pour les centrales à charbon d’ici à 2030 ? La bataille s’annonce là aussi féroce, mais cette fois au niveau local. Car dès que la réglementation sera finalisée, chaque Etat bénéficiera d’un délai de 12 mois pour dessiner sa propre façon de la mettre en œuvre. Avec le risque de voir certains Etats se contenter de moderniser des centrales à charbon déjà vieillissantes plutôt que de développer les énergies renouvelables.

 

Un choix que le Kentucky et la Virginie occidentale sont sur le point de faire: ces deux Etats figurent parmi les plus gros fournisseurs de charbon du pays et viennent d’élire des sénateurs républicains.

 

Dans le Kentucky, Mitch McConnell, encore lui, a fait campagne avec ce slogan explicite: "Coal. Guns. Freedom"  ("Charbon, armes, liberté). Et lorsqu’il est interrogé sur le changement climatique, il élude: "Mon travail c’est d’essayer de protéger les emplois dans le Kentucky aujourd’hui, pas de spéculer sur la science dans le futur."

 

Avec une telle majorité, la marge de manœuvre des Etats-Unis dans les négociations climatiques internationales s’est considérablement réduite. Les mois qui s’annoncent seront pourtant cruciaux, avec la conférence onusienne sur le climat (COP21) qui se tiendra à Paris en ligne de mireempreinte-terre/climat/isr-rse/apres-le-succes-mondial-de-la-marche-pour-le-climat-francois-hollande-sous-pression-142797.html

Fannie Rascle, à Washington
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