Pour Pascale Thumerelle, la directrice de la Responsabilité Sociétale d’Entreprise de Vivendi, la question des contenus est au coeur de la RSE du groupe multimedia. Elle nous détaille comment.

Novethic. Quelle est la « brain print » de Vivendi ?  
Pascale Thumerelle. Vivendi est l’un des rares groupes multimédia, présent et leader sur toute la chaîne de valeur des métiers de contenus. En tant qu’éditeur et distributeur de contenus, notre contribution  au développement durable consiste à  satisfaire le besoin de communiquer des générations actuelles et futures, à développer leurs talents et à encourager le dialogue interculturel. Nous exerçons une influence humaine, culturelle et intellectuellesur des millions de clients et de citoyens .
Dès 2003, nous avons privilégié trois enjeux de responsabilité sociétale d’entreprise (RSE) : protéger et accompagner la jeunesse dans ses usages numériques, promouvoir la diversité culturelle dans les contenus et favoriser le partage des connaissances (pluralisme des contenus et accessibilité des offres). Des indicateurs en rendent compte (nombre de premiers films soutenus par Groupe Canal+, contribution des talents locaux dans les revenus d’Universal Music Group, dispositifs des filiales en faveur de la protection des données personnelles…) depuis 2004.
Ces indicateurs sont vérifiés par nos Commissaires aux comptes. Ils constituent avec le reporting extra-financier dans son ensemble, un outil de pilotage  pour mesurer notre empreinte et évaluer la contribution de ces enjeux à la création de valeur du groupe.

Comment mobiliser sur le sujet en interne ?

La direction générale est impliquée dans tout le processus. Au sein du Conseil de surveillance, le Comité stratégique a la mission d’évaluer une fois par an la politique RSE. Le Comité des ressources humaines est chargé d’attribuer les bonus correspondants à l’atteinte des objectifs de RSE. Le montant relatif à ces critères peut  atteindre jusqu’à 10 % de la rémunération variable des dirigeants. 
La direction de la RSE  travaille de manière transversale avec l’ensemble des directions fonctionnelles : l’audit (cartographie des risques RSE, dimension RSE dans le questionnaire de contrôle interne, …), le juridique (données personnelles, vigilance de la chaîne d’approvisionnement …), etc. Nous réunissons aussi plusieurs fois dans l’année un Comité RSE sur un thème particulier avec les collaborateurs, notamment les collègues des filiales concernés par le sujet et des experts extérieurs.

Vivendi est aussi actif sur le sujet dans les groupes internationaux sur la RSE. Avec quel message ?

Nous voulons être présents dans les cercles internationaux de réflexions pour contribuer à définir le champ de responsabilité propre au secteur des médias et  représenter une certaine vision européenne de la RSE, en nous attachant à  la diversité des contenus culturels, à la protection des données personnelles, par exemple. Nous étions les seuls Français au sein du groupe constitué en 2009  par la GRI pour  élaborer un référentiel spécifique pour les medias.
Nous faisons également partie du groupe pilote de l’IIRC sur le reporting intégré qui ne comprend que deux entreprises françaises sur les 100 membres. Nous avons mené un projet pilote visant à illustrer comment  le capital culturel doit être pris en compte pour évaluer la performance sociétale et financière d’un groupe de contenus.

Entretien initialement publié dans Repères RSE N°105 avril-mai-juin 2014

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