Publié le 27 mai 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

Le gouvernement lance Impact, une plateforme pour enseigner aux entreprises le reporting extra-financier

Faire des rapports sur des données financières, c’est facile pour une entreprise. Mais reporter son impact environnemental, être transparent sur ses vertus sociales ou mesurer sa gouvernance, un casse-tête pour des milliers de PME qui devront pourtant se prêter à l’exercice dès 2023 selon le droit européen. Le ministère de l’Économie lance une plateforme pour que les entreprises françaises s’entraînent sans pression à l’exercice.

Olivia Gregoire secretaire d E tat Bercy Clarisse Gallois Hans Lucas Hans Lucas via AFP
Olivia Grégoire est secrétaire d'État en charge de l'économie sociale, solidaire et responsable.
@Clarisse Gallois / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

C’est un sacré morceau qui s’approche à grand pas pour les entreprises françaises et européennes. Venu de Bruxelles, il s’appelle la CSRD pour Corporate Sustainability Reporting Directive et rentrera en application en 2023. Il s’agit d’imposer à 50 000 entreprises de plus de 250 salariés à travers l’Union un reporting de données extra-financières concernant leurs impacts environnementaux, et leur pratique en matière sociale et sur la gouvernance. C’est ce que l’on appelle les critères ESG. Mais c’est une falaise pour bien des PME qui n’ont pas toujours les moyens ou les connaissances pour répondre à ces exigences réglementaires.

Olivia Grégoire, secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, ne veut pas les laisser seules. Elle annonce le lancement ce jeudi 27 mai de la plateforme Impact. Cette dernière vise à permettre aux entreprises qui le souhaitent "de remplir tout ou partie de 45 indicateurs écologiques, sociaux ou de gouvernance, qui donnent un premier aperçu des efforts qu’ils ont engagés pour leur transition vers des modèles plus responsables", explique le ministère.

La ministre traduit : "On ne peut faire valoir que ce qu’on peut donner à voir. Nous lançons aujourd’hui un mouvement des entreprises responsables, celles qui savent faire des choses mais ne savent pas comment le faire savoir, celles qui veulent faire des choses mais ne savent pas par où commencer". Elle précise que cette plateforme va "permettre aux entreprises de s’entraîner sur des indicateurs importants pour leur compétitivité".

Gagner du temps

Ces indicateurs sont au nombre de 47. 14 concernent l’environnement (émissions de CO2, performance énergétique, recyclage…), 23 des enjeux sociaux (formations, parité, emploi des séniors…), 10 sur la gouvernance (Raison d’être, labels…). Olivia Grégoire explique que "ces indicateurs ne donneront pas lieu à des notations de la part du gouvernement", mais elle laisse entendre que des utilisateurs de cette base de données ouvertes pourraient le faire.

Actuellement 109 entreprises de toutes tailles, majoritairement - à 55 %- des TPE et PME, ont rejoint la plateforme. On retrouve ADP, Accor, Danone, Maif, etc. Olivia Grégoire appelle bien d’autres à rejoindre cet outil d’entraînement : "Les entreprises qui s’y prêtent ne perdront pas leur temps, mais elles prendront de l’avance sur les réglementations à venir". Elle évoque la CSRD et la taxonomie, ce classement européen des activités vertes jugées favorables à la transition écologique.

Antoine Arnault, administrateur du groupe LVMH explique que "la valeur d’une entreprise repose sur sa performance tout autant extra-financière que financière. Mais la mesure de l’extra-financier doit être robuste". Alexandra Palt, Directrice générale de la RSE de l’Oréal, confirme : "Nous avons seulement dix ans devant nous pour transformer en profondeur nos métiers et nos pratiques. L’obligation de résultats et le devoir de transparence dans l’information extra-financière ne sont plus seulement souhaitables, ils sont nécessaires".

Ludovic Dupin @LudovicDupin

 

 


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