Publié le 17 janvier 2017

ISR / RSE

Huile de palme : Greenpeace cible HSBC

HSBC mise en cause par Greenpeace. L’ONG accuse la banque de financer des entreprises se livrant à la déforestation en Indonésie afin de développer la culture d’huile de palme. HSBC affirme ne pas avoir connaissance de manquements à ses engagements environnementaux. 

La déforestation engendrée par la culture des palmiers à huile détruit l'habitant naturel des orang-outangs
Ulet Ifansasti / Getty Images / AFP

Six entreprises "parmi les plus destructrices du secteur de l’huile de palme" sont financées par HSBC. Six entreprises auxquelles la banque aurait accordé des prêts à hauteur de 16,3 milliards de dollars. C’est l’accusation lancée aujourd’hui par Greenpeace.

Selon l’ONG, ces groupes sont pourtant "notoirement connus pour participer à la déforestation, raser des milliers d’hectares de forêts, détruire des habitats critiques pour les orangs outans, ou pour opérer illégalement sans consentement des populations locales", affirme Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Forêts à Greenpeace.

 

"Le discours et les pratiques"

 

Parmi les entreprises citées, Bumitama Agri Ltd qui a bénéficié, selon l’ONG, de prêts de 190 millions de dollars de HSBC alors qu’elle a "rasé plus de 160 000 hectares pour aménager des plantations de palmiers à huile".

Ou encore Goodhope Asia Holdingt Ltd contre laquelle des ONG et des communautés locales ont porté plainte auprès de la RSPO (table ronde sur l'huile de palme responsable, NDLR) pour "accaparement de terres et destruction des forêts" dans la province de Papouasie.

"HSBC est une banque qui affirme mettre le développement durable au cœur de ses priorités stratégiques. Mais il y a le discours et les pratiques", tranche Anne-Sophie Simpere.

 

HSBC se défend

 

De son côté, le groupe bancaire ne confirme pas le fait que ces entreprises soient ses clients. Mais se défend tout de même : "HSBC ne fournit pas sciemment de services financiers qui soutiennent directement les sociétés produisant, transformant ou distribuant de l’huile de palme qui ne respectent pas notre politique".

Elle affirme n’avoir "pas connaissance" de "clients présumés" qui fonctionnent "en dehors de notre politique".

 

Manque de vigilance

 

"Cela signifie que HSBC a une politique dont elle ne vérifie pas l’application", estime Anne-Sophie Simpere. Elle pointe des prêts accordés par HSBC alors que "plusieurs plaintes auprès de la RSPO visaient ces entreprises. Ce sont des éléments qui pouvaient alerter la banque". 

Greenpeace demande à HSBC de renforcer ses politiques de préservation des forêts et de faire preuve de transparence sur l’huile de palme. "Elle doit s’engager à adopter et à appliquer une politique zéro déforestation, zéro tourbière et zéro exploitation"

Marina Fabre
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