Publié le 27 novembre 2015

ISR / RSE

Hélène Valade : "La COP21 est une récompense des efforts des directeurs développement durable"

A l’occasion de la COP21, les entreprises sont nombreuses à afficher leurs engagements contre le changement climatique. Mais comment les directeurs développement durable, qui sont à la manœuvre de ces changements, se saisissent-il de cette conférence et, inversement, quel impact cet évènement a-t-il sur leur action ? Le point avec Hélène Valade, la présidente du C3D, le Collège des directeurs du développement durable et directrice DD de Suez environnement.

Hélène Valade, présidente du C3D, le Collège des directeurs du développement durable et directrice DD de Suez environnement
Crédit: H.Valade

Novethic. La COP21, toutes les entreprises en parlent mais elle peut sembler éloignée du quotidien des salariés. Comment les directeurs développement durable se sont-ils saisis de l’évènement?  

Hélène Valade. Beaucoup de directeurs DD se saisissent de l’évènement comme d’une opportunité pour mettre en valeur ce qui a déjà été mis en place dans leur entreprise et pousser le curseur encore un peu plus loin. Cela  a d’ailleurs assez bien fonctionné car l’on voit que les entreprises multiplient les stratégies bas carbone et les engagements concrets comme la tarification interne du carbone. C’est ce que l’on montre dans le Book du C3D qui compile 56 études de cas en France. Mais c’est vrai partout dans le monde.  

C’est d’ailleurs le sens de l’Agenda des solutions, proposé par les Nations Unies, qui pousse les entreprises et les négociateurs dans le même sens. Cela a permis de mobiliser les chefs d’entreprises et de faire émerger une nouvelle gouvernance. Par exemple, les partenariats publics/privés pourraient être plus aisés pour lutter contre le changement climatique. Cependant la COP21, en tant que telle, n’est pas mobilisatrice auprès des salariés car elle est bien trop institutionnelle. Nous en avons plutôt profité pour parler simplement du climat et traduire concrètement les conséquences du changement climatique pour l’entreprise, dans les métiers. Et montrer comment, chacun à son échelle, peut modifier son comportement et celui de l’entreprise.  

 

Novethic. Cet évènement a-t-il permis de mettre la lumière sur cette fonction et ses enjeux?  

Hélène Valade. En fait, la COP21 arrive en point d’orgue des actions que les directeurs développement durable ont pris depuis des années. C’est bien parce que l’on persévère depuis 10 ans, parfois dans des contextes difficiles, pour mettre en place des bilans carbone et autres outils qui ont préparé le terrain, que l’on en est là aujourd’hui ! Longtemps, le climat n’a pas été un enjeu pour l’entreprise. Ou du moins n’était pas perçu comme tel par un certain nombre d’entre elles. La COP21 peut donc aussi être vue comme la récompense des efforts que les directeurs développement durable ont fourni pour qu’elles intègrent cette question ! Mais c’est vrai que dans certaines entreprises, cela a aussi permis de rebooster la fonction, en les repositionnant comme les acteurs de la transformation.  

 

Novethic. Comment garder le souffle de la COP21 après la conférence?  

Hélène Valade. Quel que soit le résultat de la COP21, les choses ont changé. C’était très visible à New York, l’an dernier, mais surtout lors de la Climate Week de cette année. J’ai été contente de voir que les entreprises ne parlaient plus seulement des enjeux mais des solutions qu’elles mettaient en œuvre pour lutter contre le changement climatique. Cela consacre l’évolution de notre fonction. Nous avons une dimension plus stratégique. Notre rôle, c’est aujourd’hui de guider nos patrons pour changer le business model de nos entreprises !

Propos recueillis par Béatrice Héraud. Article initialement paru dans L’essentiel de la RSE n°111 (octobre-décembre 2015)
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