Publié le 10 janvier 2017

ISR / RSE

CAC 40 : inquiétude autour de dividendes records en 2016

L’année 2016 a été faste pour les actionnaires du CAC40. Ils ont perçu près de 56 milliards d’euros de dividendes l’an dernier. Si certains y voient une amélioration de la santé financière des entreprises qui composent l’indice phare de la bourse de Paris, d’autres redoutent que les investissements pâtissent d’une rémunération excessive.

Olovier Brandicourt, directeur général de Sanofi lors de l'Assemblée générale de 2016
ERIC PIERMONT / AFP

55,7 milliards d’euros. C’est le montant que se sont partagés les actionnaires du CAC40 en 2016 au titre des dividendes. Le record, qui date de 2007 avant l’explosion de la crise financière, est de 57,1 milliards. 

Ces mêmes actionnaires s’étaient partagé 43 milliards d’euros l’an dernier.

Pour La lettre professionnelle Vernimmen Net qui a compilé ces chiffres, c’est bien le signe d’une amélioration de la santé financière de ces entreprises.

3 représentent à elles seules un tiers du montant total des dividendes versées à leur actionnaire : Vivendi, Total et Sanofi.

Sanofi a versé à elle seule 6,6 milliards. Et ce, malgré les menaces qui pèse sur son avenir. Notamment mis en cause dans l’affaire de la Dépakine, le laboratoire pharmaceutique pourrait avoir 10 à 40 milliards d’euros à débloquer pour indemniser les victimes rien que dans l’Hexagone.

Parmi les entreprises qui composent l’indice phare de la bourse de Paris, seules deux entreprises n’ont pas versé de dividendes : Peugeot et ArcelorMittal, qui a fini l’année dans le négatif.

 

Dividendes vs investissements

 

Ces chiffres inquiètent Loïc Dessaint : "il s’agit de savoir si ces rémunérations sont justes. Je crains que ces dividendes ne soient excessifs et qu’il grèvent l’investissement de grandes sociétés françaises".

Pour le directeur général de Proxinvest, société spécialisée dans le conseil en exercice du droit de vote, "plusieurs grands groupes, comme EDF, distribuent des dividendes en levant de la dette sur les marchés, faute de cash flow".

Loïc Dessaint rappelle que les "investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain. Il convient donc d’investir d’abord, de rémunérer les actionnaires après".

Sur cette question, le directeur général de Proxinvest estime que les gestionnaires d’actifs et les investisseurs responsables s’opposent. Quand les premiers ne se soucient que de la rentabilité de leur portefeuille, les seconds se préoccupent des impacts de long terme.

Et Loïc Dessaint d’égratigner au passage de grands fonds de gestion tels que Blackrock : "on peut s’interroger sur la cohérence qui consiste à encourager les entreprises à investir alors même que jamais ces fonds ne votent en assemblée générale contre le versement de dividendes excessifs".

 

Pour aller plus loin:

voir la vidéo " Et la rémunération des actionnaires, si on en parlait?"

Antonin Amado
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