Publié le 13 avril 2018

PRATIQUER LA RSE

Entreprises contributives, à mission ou bienveillantes : de quoi parle-t-on ?

Depuis quelques mois, de nouveaux mouvements voient le jour autour d’une contribution positive des entreprises à la société et au bien commun. Jacques Attali porte depuis quelques années maintenant le concept d’économie positive, Gonzague Blignières et Clara Gaymard viennent de lancer le Mouvement pour une économie bienveillante…Quel est l’esprit de chacun de ses mouvements ? Novethic fait le point.


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Entreprise contributive

L’entreprise contributive est une entreprise qui, grâce à ses activités et celles de son écosystème produit plus d’impact positifs que d’externalités négatives et fait en sorte d’éliminer le plus possible ces dernières. La notion d’ "entreprise contributive" a notamment été reprise en mars 2018 par le think-tank Terra Nova dans le cadre de la réflexion autour de la loi Pacte. Elle y est définit de manière plus précise : "Soucieuse de la préservation et du renouvellement des ressources (humaines, naturelles, matérielles, financières…), l'entreprise contributive intègre à ses statuts la contribution qu’elle souhaite apporter aux enjeux économiques, sociaux/sociétaux et environnementaux ; elle sollicite et encourage la contribution, l’implication, la participation et les initiatives de la part de ses collaborateurs ; elle adopte des modes partagés et modernes de gouvernance, qui permettent d’associer les représentants des actionnaires et des salariés aux organes de direction (conseil d’administration) et des représentants des autres parties prenantes aux organes d’orientation (comité de parties prenantes)".

Le concept est cependant repris par différentes personnalités et experts sans être lié à un mouvement en particulier. Un site porté par le directeur du C3D et directeur DD du groupe Bouygues, Fabrice Bonnifet, et Céline Puff Ardichvili, l'une des fondatrices de l'agence LookSharp recense de nombreuses contributions sur le sujet. 

Economie positive

En France, le concept d’"économie positive" s’est développé depuis 2013, porté par un rapport de Jacques Attali commandé par le président de la République François Hollande. Il s’agit, en quelques mots, d’une économie "qui rassemble toutes les entités produisant des biens ou des services, marchands ou non marchands, d'une façon économiquement viable et utile à la fois aux employés et aux clients, à leurs communautés et aux générations suivantes", selon une tribune publiée par Jacques Attali dans le journal Le Monde. Plusieurs forums (ex : LH Forum ou le Positive Economy Forum) portent en France et dans le monde de concept, en mettant en avant les initiatives positives des entreprises, financiers, associations ou pouvoirs publics.

Mouvement pour une économie bienveillante (MEB)

Le Mouvement pour une économie bienveillante a été lancé par Gonzague de Blignières et Clara Gaymard, qui ont fondé et dirigent la société d’investissement RAISE. Leur idée : réconcilier le monde de l’économie, celui de la philanthropie et de la RSE. Le tout en se basant sur le fait que "la générosité et la bienveillance en faveur de son écosystème permet à l’entreprise d’être meilleure pour la société et plus performante", souligne Gonzague de Blignières. En avril 2018, un mois après son lancement, le mouvement a réuni près de 1 500 signatures de personnalités et d’entreprises de tous horizons (Sycomore ; Phenix ; Jean-Paul Agon, Président directeur général de L’Oréal ; Henri de Castries, ex-PDG d’Axa, EPIC ou encore Les Napoléons). Les signataires s’engagent à : donner une partie de ses ressources économiques à une action philanthropique ; agir dans son propre secteur ou écosystème afin de privilégier la logique d’impact et nourrir la raison d’être de l’entreprise et enfin, d’associer les salariés aux projets soutenus.

 

Le Mouvement des Entreprises de la Nouvelle Économie (MENE)

Le Mouvement des Entreprises de la Nouvelle Économie est né en 2015, à l’initiative de Corinne Lepage, après un rapport remis au ministère de de la Transition écologique. Il s’est fédéré petit à petit autour d’une dizaine de fédérations (Fédérec, Synabio, CJD, Entrepreneurs d’avenir, Institut de l’économie circulaire, etc.) et d’une soixantaine d’entreprises classiques ou de l’économie verte. Dans son "MENEfeste", le mouvement définit la nouvelle économie comme une économie "libérée des énergies fossiles et fissiles, qui place l’humain au centre de ses activités, respectueuse de l’environnement, territorialisée et connectée". Le mouvement est à la fois destiné à favoriser l'échange de bonnes pratiques entre membres et à faire du plaidoyer autour des enjeux de la nouvelle économie. 

Communauté des entreprises à mission

Cette nouvelle communauté s’appuie sur les entreprises à mission existantes telles que La Camif ou Nutriset. Elle s’adresse à toutes les entreprises qui "partagent la conviction que la contribution au bien commun est non seulement une nécessité pour relever les défis sociaux et environnementaux considérables mais aussi un avantage compétitif dans la société du XXIème". L’objectif est de partager les expériences entre les entreprises ayant choisi d’inscrire leur mission dans leurs statuts et de donner des conseils à celles qui souhaitent le faire. En avril 2018, la communauté réunit une trentaine d’entreprises de toutes tailles, tous statuts et tous secteurs (alimentation bio, avocat, finance, ESS, cabinets de conseil, assurances, start-up ou grosses PME... : Nature et Découvertes, Phenix, Citizen Capital, Prophil), d’institution (Collège des Bernardins) ou de chercheurs (Mines Paris Tech.

Capitalisme responsable

Créé par le cabinet Capitalcom en 2015, l’Institut du capitalisme responsable est un think tank qui réunit des dirigeants d’entreprises (notamment des grandes entreprises du CAC40), des représentants de la société civile et des experts de places. "Ensemble, ces derniers veulent faire avancer les entreprises, les investisseurs, et plus globalement la communauté financière, vers une pensée plus intégrée, plus responsable et plus durable". Sa mission : "tracer les contours de ce capitalisme de la réciprocité" qui intègre l’ensemble des parties prenantes de l’entreprise (salariés, clients, fournisseurs, actionnaires, pouvoirs publics, etc.).

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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