Publié le 09 avril 2019

ENTREPRISES RESPONSABLES

Chantiers d’insertion, cantines bios, véhicules propres : la Région Ile-de-France se dote d’une politique d’achats responsables

En Île-de-France, les politiques d’achats vont être soumises à des critères renforcés sur l'environnement et les critères sociaux. Les appels d'offres publics vont ainsi donner la priorité aux agriculteurs bios, aux petites entreprises et aux personnes très éloignées de l’emploi.

La Région Ile-de-France s'est fixée comme objectif 100 % de repas en circuits courts et 50 % de bio dans ses cantines scolaires.
@CC0

Imaginez chacun des 470 lycées de la région francilienne qui passe sa propre commande pour approvisionner sa cantine scolaire, moderniser son parc informatique ou remplacer une clôture arrachée. Un système kafkaïen et inefficient économiquement auquel la Région Ile-de-France, dirigée par l’ancienne ministre Valérie Pécresse, vient de mettre fin avec la création d’une centrale d’achat régionale.

"C’est un changement de paradigme et de culture, se réjouit Stéphane Salini, vice-président en charge des Finances à la Région. Nous avions auparavant une culture très administrative avec des achats opérés par chaque direction et chaque lycée et centrés uniquement sur le respect de la réglementation. Désormais, nous proposons une vision plus globale avec des objectifs clairs en termes d'environnement, de développement du territoire, de soutien à l’Économie sociale et solidaire (ESS) et aux petites entreprises... Une façon pour nous d’être en phase avec le monde d’aujourd’hui."

Pour reprendre l’exemple des lycées, la mutualisation va permettre de définir un seul et même besoin et de lancer une seule procédure. "Nous avons comme ambition d’atteindre 100 % de produits en circuits courts et 50 % de bio dans nos cantines d’ici 2024, poursuit Stéphane Salini. Avec la centrale, on peut envoyer un signal fort aux agriculteurs locaux et nous engager sur des volumes conséquents, afin de développer les filières bio. Si chacun s’était mis à négocier dans son coin, nous n’atteindrions sans doute pas nos objectifs dans les temps." 

De plus en plus de salariés en insertion sur les chantiers de la Région

Pour soutenir les entreprises de l’ESS, la Région francilienne innove en intégrant un critère d’insertion dans au moins 15 de ses marchés publics dès cette année. Tous les appels d’offres de construction des lycées par exemple devront intégrer un pourcentage de salariés en insertion dans leurs candidatures. "Nous sommes la seule collectivité à le faire", assure le vice-président en charge des Finances. À l’horizon 2025, 25 % des marchés franciliens devront inclure une telle clause.

Depuis 2015, le nombre d’heures en insertion dans les marchés réalisés par la Région est passé de 80 000 en 2016 à 144 000 en 2019, soit un bond de 75 %. Les TPE et PME sont également privilégiées. Elles constituent 88 % des fournisseurs contre 64 % en 2016. "Nous nous sommes fait les VRP des petites et moyennes entreprises en allant à leur rencontre pour leur expliquer qu’elles aussi pouvaient candidater à nos appels d’offres, qu’on avait du boulot pour elles", raconte Stéphane Salini. Et la région Ile-de-France dispose d’un sacré levier, puisqu’elle dépense chaque année un milliard d’euros en achats de fournitures, services et travaux.

Parmi les autres engagements qu'on peut citer, il y a aussi l'introduction de 30 % de clauses environnementales dans ses marchés d’ici 2020, l'intégration de l'analyse du cycle de vie et de l'économie circulaire dans tout acte d'achat et l'exclusion des véhicules diesel de sa flotte. Depuis le début de la nouvelle mandature, leur nombre a déjà diminué de 26 %. Signe que le sujet fédère, cette nouvelle politique a été votée à l’unanimité le 20 mars dernier par tous les groupes politiques du conseil régional.

Concepcion Alvarez, @conce1 


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