Publié le 12 octobre 2018

FINANCE DURABLE

La généralisation de l’intégration ESG, une question de rentabilité financière

L’intégration des critères ESG se généralise à la fois dans les entreprises et chez les investisseurs, et ce dans le monde entier, selon une étude East and Partners commandée par HSBC. Pour les investisseurs, il s’agit en priorité d’assurer la rentabilité financière de leurs portefeuilles.

Ecolabel europeen Pogonici
La généralisation de l'approche ESG s’explique principalement par la recherche de rentabilité financière et par les incitations fiscales,
@Pogonici

61 % des investisseurs et 48 % des entreprises dans le monde ont mis en place une stratégie intégrant des critères ESG (environnementaux, sociaux et gouvernance). C’est ce que souligne une étude commandée par HSBC et réalisée par East and Partners, menée auprès de 1731 entreprises et investisseurs institutionnels. 

De grandes disparités régionales

C’est en Europe que l’intégration est la plus massive. 85 % des investisseurs y appliquent une grille ESG dans leur politique d’investissement, contre 40 % à le faire en Asie. L’écart est encore plus important concernant les entreprises : 87 % des sociétés de plus de 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires utilisent le prisme ESG en Europe et seulement 13 % à Hong Kong.

Les États-Unis se trouvent actuellement en milieu de tableau (21 %). Mais ils pourraient reculer car une directive gouvernementale du mois d’avril exclu la prise en compte de critères ESG dans les décisions d’investissement des caisses de retraite. Ils sont jugés incompatibles avec le devoir fiduciaire, et source potentielle de nouveaux litiges. 

Recherche de rentabilité financière

La généralisation de la prise en compte de l'ESG s’explique par la recherche de rentabilité financière et par les incitations fiscales, particulièrement pour les investisseurs. En retour, la pression des investisseurs incite de plus en plus les entreprises à utiliser cette approche ESG et surtout à améliorer leur communication en la matière. 

ESG decsion making drivers HSBC

"Sustainable Financing and ESG Investing report", septembre 2018, étude HSBC réalisée par East and Partners

"La priorité donnée à la rentabilité financière reflète la progression de l’engagement réel des investisseurs et l’action des marchés qui encouragent les changements de comportement", note Daniel Klier, le directeur de la stratégie et Directeur Développement Durable du Groupe HSBC.

Le manque d’harmonisation, obstacle N°1

Si 100 % des investisseurs et entreprises ne suivent pas la tendance, c’est qu’il existe encore des barrières. L’obstacle numéro 1 est le manque d’harmonisation concernant la définition des critères ESG. Autre frein : le manque d’opportunités d’investissement, "aggravé par une mauvaise qualité des données produites".

Sur les risques climatiques par exemple, émetteurs et investisseurs reconnaissent l’importance d’une harmonisation des critères via la réglementation internationale pour améliorer leur communication en la matière. Si le travail de la TCFD, la task force sur la transparence des risques financiers liés au climat, va dans ce sens, celui-ci reste largement méconnu. Moins de 90 % des entreprises et des investisseurs déclarent à ce jour connaître ce type d’initiatives.  

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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