Publié le 14 décembre 2016

ENTREPRISES RESPONSABLES

RSE : les doubles compétences très convoitées

Avec l'adoption ou l'examen de législations portant sur la transition énergétique ou sur le devoir de vigilance des multinationales, de nouveaux besoins apparaissent dans les secteurs de la RSE et du développement durable. Pour Caroline Renoux, la fondatrice de Birdeo, cabinet de recrutement spécialisé, les candidat(e)s ayant une spécialité technique en plus de compétences RSE sont particulièrement convoités. 

On recherche des sortes d’architectes de projets, qui ont à la fois une excellente connaissance législative, une bonne compréhension technique et qui peuvent gérer les différentes parties prenantes, des élus locaux aux entreprises, en passant par les ONG.
Danchooalex / iStock

Novethic. Avec la loi sur la transition énergétique, la proposition de loi sur le devoir de vigilance ou encore l’extension du reporting extra-financier, de nouvelles obligations RSE apparaissent. Avec quelles conséquences pour les métiers de la RSE ? 

Caroline Renoux. Elles sont de plusieurs ordres. D’abord, à nouvelles obligations, nouveaux besoins : d’ici la fin de l’année, les entreprises non cotées de plus de 500 salariés et de plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires seront soumises elles aussi à l’obligation de reporting extra-financier. Cela va donc augmenter la demande sur ce type de profils, en particulier des chargés ou consultants de reporting extra-financiers. Ces postes impliquent la maîtrise des indicateurs ESG (environnement, social et gouvernance), la collecte et l’analyse de données, ainsi que la double culture financière / extra-financière. 

Les entreprises cherchent des personnes avec une double casquette. Pour anticiper la loi sur le devoir de vigilance (qui doit être à nouveau examinée par le Sénat mi-décembre, NDLR), les grandes entreprises, notamment dans le secteur textile, s’intéressent aux profils combinant les compétences supply chain et RSE.

Pour les candidats, c’est un plus s’ils souhaitent s’expatrier afin de conduire les audits nécessaires chez leurs sous-traitants et définir des plans d’amélioration. Pour travailler sur les questions RSE dans les usines, les entreprises cherchent aussi de plus en plus des profils ingénieurs, alors qu’au départ elles puisaient davantage dans le secteur commercial ou le management. 

Ce que l’on voit également c’est le développement d’un management de transition, avec l’embauche de compétences pour des missions particulières comme le reporting extra-financier de novembre / décembre à février / mars ou la mise en place d’un plan de vigilance pour limiter les risques liés aux droits humains dans la chaîne d’approvisionnement. 

 

"Des moutons à 18 pattes"

 

Ces missions éphémères ne risquent-elles pas de développer la précarité ?

Non, pas du tout. Cela veut plutôt dire que ces métiers se professionnalisent et qu’il y a une exigence de plus en plus forte. Les entreprises vont chercher des experts pour des missions particulières en RSE / développement durable, ce qu’elles ne faisaient pas forcément avant, ou pas autant. Ces profils sont complexes.

 

Quelle est l’adéquation entre l’offre et la demande sur ce secteur ?

Il existe très peu de gens avec ce type de compétences et il faut parfois chercher des moutons à 18 pattes. Nous voyons se développer une demande d’un profil particulier dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, notamment sur des projets d’économie circulaire. On recherche des sortes d’architectes de projets, qui ont à la fois une excellente connaissance législative, une bonne compréhension technique et qui peuvent gérer les différentes parties prenantes, des élus locaux aux entreprises, en passant par les ONG. 

Les candidats qui ont une spécialité technique sont ceux qui sont les plus recherchés, mais il faut également qu’ils aient une excellente culture générale RSE et business.

De leur côté, les entreprises doivent rester ouvertes : une expérience de 15 ans dans les achats responsables, ça n’existe pas ! 

Béatrice Héraud
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