Publié le 14 novembre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

[Objectif RSE] Chez Seb, la lutte contre l’obsolescence programmée est moteur d'innovations

Comment mieux diffuser la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) en interne et dans son écosystème ? Cette question, toutes les entreprises engagées se la posent. Novethic a recensé des bonnes pratiques des grands acteurs économiques, qui ont fait leurs preuves. Cap sur Seb, le leader mondial du petit électroménager qui mise sur la réparabilité de ces produits. Un pionnier dans un secteur où l’obsolescence programmée est encore la norme.

Seb permet aux consommateurs de réparer pendant 10 ans le petit électroménager.
Pixabay

L’obsolescence programmée n’est pas une fatalité. Et les marques ont même intérêt à pousser la durabilité de leur produits. C'est ce que démontre la stratégie du groupe Seb. L’entreprise française a fait le pari de la réparabilité pour fidéliser et attirer les clients de plus en plus soucieux de conserver leurs appareils sur la durée. 

Du sèche-cheveux à l’autocuiseur, tout son petit électroménager est réparable pendant 10 ans. Pour atteindre son objectif, le groupe stocke plus de 40 000 références de produits soit 5,7 millions de pièces détachées dans des entrepôts européens. 

"Cela signifie qu’en amont, tous nos produits ont été écoconçu", souligne Joël Tronchon, directeur développement durable du numéro 1 mondial du petit électroménager, "ils sont faciles à démonter et à remonter. On visse au lieu de souder mais cela coûte plus cher". 

Pas de marge sur les pièces détachées 

L’enjeu pour le groupe était donc de rendre leurs produits  "économiquement réparables" pour attirer les consommateurs. "Dépenser 90 % de la valeur d’un grille-pain pour le réparer alors que pour 20 % de plus on en a un nouveau, ça n’avait pas de sens", explique Alain Pautrot, vice-président en charge de la satisfaction client. Le groupe a donc choisi de vendre ses pièces détachées à prix coûtant pour que la réparation ne dépasse pas 30 % de la valeur du produit.

Et cette stratégie a porté ses fruits. En 2017, 300 000 produits ont ainsi été réparés, c’est 15 % de plus qu’en 2016. Celui des retours sous garanti a, lui, baissé. "Le fait de réparer les produits nous permet de les améliorer et de monter en gamme pour le suivant", avance Alain Pautrot.

Seul bémol selon l'asssociation Halte à l’obsolescence programmée, "le logo "produit durable dix ans" que Seb appose sur ses produits a été réalisé en interne. Or nous n’avons aucune certitude sur la réalité de cette affirmation, on est juste contraint, en tant que consommateur, de leur faire confiance", estime Laëtitia Vasseur, directrice générale de l’association qui salue toute de même les initiatives du groupe.

Seb teste la location de ses appareils chez Monoprix

Et Seb ne compte pas s’arrêter là. Il a ainsi mis en place une imprimante 3D pour fabriquer les pièces détachées à la demande. Or, en travaillant avec l’ADEME, il s’est rendu compte que l’impact environnemental de cette démarche n’était positif que sur certains produits. "On s’est pour l’instant focalisé sur les produits très peu demandés. On réalise des tests pour évaluer la manière dont les pièces vont se comporter dans le temps", indique Joël Tronchon.

En attendant le groupe se tourne vers l'économie de la fonctionnalité, c'est-à-dire vendre un service plutôt qu'un produit. Il teste, avec Monoprix, la location de ses appareils culinaires. C’est Envie, l’entreprise professionnelle de réinsertion, qui sera en charge de nettoyer, réparer si nécessaire et ré-emballer les produits. "Le but est de répondre à une nouvelle manière de consommer mais aussi d'optimiser l'usage de nos produits", résume le directeur développement durable.

Marina Fabre @fabre_marina 

Retrouvez d'autres bonnes pratiques RSE d'entreprises sur la plateforme BIPIZ, soutenue par Novethic.


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