Publié le 11 novembre 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

COP26 : Les collectifs de salariés et dirigeants engagés s’allient pour transformer les entreprises

Pour accélérer la transformation durable des entreprises, Les collectifs, mouvement de salariés engagés dans la transition écologique, et Impact France, fédérant une communauté de dirigeants sensibles à ces questions, viennent de créer une alliance présentée à la COP26. Soutenus par Emmanuel Faber, ces deux réseaux inter-entreprises s'unissent pour créer l'entreprise de demain.

Entreprises salaries iStock fizkes
Dirigeants et salariés engagés créent une alliance pour faire bouger les lignes.
Istock / fizkes

Transformer l’entreprise et initier un nouveau mode d’engagement réunissant salariés et dirigeants. Voilà l’objectif de cette nouvelle alliance, portée pendant la COP26 entre les Collectifs, une fédération réunissant une trentaine de collectifs de salariés engagés dans la transition écologique, et Impact France, le réseau français des entrepreneurs et dirigeants rassemblés autour de la transformation écologique et sociale. Ces deux réseaux inter-entreprises atypiques veulent créer des synergies. Le 2 novembre, ils étaient sur le pavillon France de la COP26 pour porter une "voix commune", selon les mots de la cofondatrice d’Impact France, Eva Sadoun.

"Nous promouvons un nouveau mode d’engagement", explique Quentin Bordet, cofondateur du réseau Les Collectifs. "Le but est de faire rayonner notre vision de l’entreprise, celle qui créé des ponts entre les salariés et les dirigeants pour accélérer la transition écologique de nos sociétés", ajoute-t-il.  Cette fédération de collectifs de salariés, lancée en avril dernier, réunit des salariés de grands groupes comme Engie, IBM, Airbus ou Michelin, qui veulent transformer de l’intérieur leur entreprise. Leur credo : "Il suffit de 10 % des collaborateurs pour changer toute l’entreprise". 

L'importance du collectif

Ce "lobbying interne" ambitionne à terme de faire pression sur les entreprises pour qu’elles réorientent leur business model. "Plutôt que de nous lamenter, nous avons essayé. Essayé de faire bouger une entreprise de plus de 100 000 salariés et vieille  de plus de 130 ans. Nous aimions nous comparer à un moustique : il est petit, mais il fait du bruit et peut parfois piquer", témoigne Alexis Treilhes, analyste cycles de vie chez Michelin, qui a créé un collectif dans son entreprise. 

Si cet engouement rend optimiste, il n’en reste pas moins limité. "L’impératif de profit m’a parfois découragé", écrit ainsi Alexis Treilhes qui a annoncé sur Linkedin démissionner de son poste pour des raisons multiples. D'où la nécessité de s'unir et de se coordonner pour faire bouger les lignes. "Quand les directions se saisissent des propositions faites par les collectifs, elles peuvent être en avance de phase de un à trois ans, ce qui est énorme", défend Les Collectifs.

Emmanuel Faber en soutien

Pour porter plus fort ce message, le mouvement a reçu un soutien de choix. L’ancien PDG charismatique de Danone, Emmanuel Faber, était lui aussi présent sur le pavillon France de la COP26 le 2 novembre dernier pour donner de la visibilité à cette nouvelle alliance de dirigeants et de salariés.  "Les mouvements interentreprises sont pour moi la réponse au changement climatique et à la transition écologique (…). On ne peut pas s’attendre à un changement systémique sans travailler en collectif. Vous avez besoin d’une équipe pour surmonter le facteur peur", a-t-il déclaré appelant les grandes entreprises à "rencontrer, rejoindre et accompagner" ce mouvement.

Pour encadrer ce projet, Impact France compte notamment s’appuyer sur l’Impact score, un référentiel d’une quinzaine d’indicateurs permettant d’évaluer l’impact social et environnemental des entreprises. L’idée serait d’incorporer la prise en compte de la mobilisation des salariés dans l’évaluation des entreprises. 

Marina Fabre, @fabre_marina 


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