Publié le 07 novembre 2019

ENTREPRISES RESPONSABLES

De la tombola pour les Gueules cassées à la privatisation de la Française des Jeux

C'est ce jeudi 7 novembre que s'ouvre la souscription pour la privatisation de la Française des jeux. Cette institution à une longue histoire qui remonte à la fin de la Première guerre mondiale. Les soldats mutilés de la Face se retrouvent démunis. Rejetés par la société, ils ne bénéficient pas de pensions d’invalidité. Pour subvenir à leur besoin, ils ont l’idée d’une tombola. Face au succès, elle donnera lieu à une entreprise d’État : la Française des Jeux.

FDJ lotterie nationale
Aux origines de la FDJ, une tombola pour aider les soldats gravement blessés au visage à trouver des revenus comme le montre un spot publicitaire de l'entreprise diffusé à la rentrée.
@FDJ

[Mis à jour le 7 novembre 2019] C’est un spot qui en a surpris plus d’un. Alors que la FDJ, ex-Française des jeux, voit débuter sa souscription en vue de sa privatisation, celle-ci a diffusé en septembre dernier une publicité revenant sur ses origines sociales, très largement méconnues. 

Retour dans les années 20, à la fin de la première guerre mondiale. La France compte plus de 4 millions de blessés, dont 15 000 grands blessés de la face, qui se sentent oubliés. Certains n’ont plus de nez, plus de mâchoire. La chirurgie esthétique est rudimentaire... leur visage massacré fait peur et les écartent de la vie sociale comme du travail.

Ces soldats mutilés, qui se regroupent sous le nom de Gueules cassées, n’ont pourtant pas droit aux pensions d’invalidité. Pour subvenir à leurs besoins, ils cherchent des fonds et poussent l’idée d’une tombola faisant appel à la solidarité des Français. Le succès est au rendez-vous. 

Une partie des mises toujours redistribuée en faveur de projets sociaux et sociétaux

L’engouement est tel que l’État doit réguler les pratiques en créant la loterie nationale en 1933. Elle est destinée au profit des "anciens combattants et des calamités agricoles". Le premier tirage se déroule au Trocadéro à Paris le 7 novembre 1933, en présence de cinq mille personnes. Au fur et à mesure que la loterie se professionnalise, les Gueules cassées restent de la partie : d'abord en vendant les billets, avec les veuves des soldats, ce qui leur assure un certain revenu. Mais aujourd'hui encore, près de 10 % du capital est toujours détenu par l'Union des blessés de la face et de la tête.

Au fil du temps, la loterie change de nom et se transforme en vraie entreprise. Elle devient la Française des Jeux, avant se renommer FDJ en 2014. Avec la privatisation prévue fin novembre, une nouvelle page se tourne mais la FDJ veut montrer qu’elle ne tourne pas pour autant le dos à ses origines sociales.

Encore aujourd’hui, "une partie des mises collectées par les jeux de loterie et les tickets à gratter est redistribuée en faveur de projets sociaux et sociétaux". Ces projets sont liés à la gestion du patrimoine, au développement et à l'accessibilité des pratiques sportives mais aussi à l'inclusion des publics fragiles comme les personnes handicapées ou éloignées de l'emploi (via la fondation d'entreprise), précise la FDJ.

Béatrice Héraud @beatriceheraud 


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