Publié le 03 septembre 2020

ÉCONOMIE

Plan de relance : 70 programmes pour préparer la France de 2030

Avec 100 milliards d’euros, c’est 4 % du PIB national que le gouvernement mobilise pour relancer la France exténuée après le confinement. Si 70 programmes sont évoqués pour verdir l’économie, numériser les territoires, créer des emplois… l’existence de projets concrets sur le terrain reste à prouver. L’exécutif devra aussi donner des indicateurs à suivre pour que la France de 2030 soit, comme il le promet, plus résiliente, plus verte et plus durable.

Tramway Bordeaux Nellmac
Plus de 5 milliards d'euros du plan de relance seront consacrés au ferroviaire et aux transports du quotidien.
@Nellmac

Le jour J est arrivé. Aujourd’hui, jeudi 3 septembre, à l’issue du conseil des ministres, le chef du gouvernement Jean Castex présentera le tant attendu plan de relance de 100 milliards d’euros. Il est censé relancer le pays, dont l’économie et la cohésion sociale ont été durement mises à mal par la pandémie. Baptisé sobrement "Relance France", il doit, selon des sources de Matignon, servir deux objectifs. D’une part, relancer l’activité à court terme afin de favoriser l’emploi. D’autre part, préparer la France de 2030 via un verdissement de l’économie et un soutien à l’industrie.

C’est l’objet des 100 milliards d’euros mis sur la table, soit 4 % du PIB, financé à 50 % par l’Europe et à 50 % par des gains de croissance promet le gouvernement. Il assume, toutefois, que cela aura un poids sur la dette publique. Cet argent sera fléché vers 70 programmes dont le détail n’est pas encore précisé. Seules les grandes masses sont connues.

30 milliards pour la transition écologique

- 11 milliards d’euros pour les transports, dont 50 % pour le ferroviaire et les mobilités du quotidien (vélo, transport en commun…).

- 7 milliards d’euros pour la rénovation énergétique des bâtiments, dont 4 milliards pour les bâtiments publics (lycée, collèges, administrations…).

- 9 milliards pour la décarbonisation de l’industrie et de l’énergie et pour favoriser la recherche et développement (sur l’hydrogène vert par exemple).

- 2 milliards d’euros pour une alimentation plus locale et la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) des agriculteurs.

 

35 milliards d’euros pour relancer l’industrie en France

- 10 milliards de réduction des impôts de production des entreprises.

- 3 milliards d’euros devront renforcer la solidité financière des entreprises ayant dû s’endetter pendant le confinement de l’économie.

- 400 millions pour revaloriser des tissus industriels dans les territoires.

- 600 millions d’euros pour des projets de relocalisation industrielle, dans des domaines jugés stratégiques : santé, agroalimentaire, applications de la 5G…

- 11 milliards d’euros attribués au Programme d’investissements d’avenir, dont la mission consiste à financer l’innovation.

 

15 milliards d’euros pour réduire le chômage

- 6,7 milliards d’euros attribués au plan jeune porté par le ministère du Travail : aides à l’embauche, contrats aidés, formations…

- 6,6 milliards d’euros pour financer l’activité partielle des entreprises. Une enveloppe de 1 milliard d’euros s’y ajoute pour former les employés en chômage partiel.

 

En plus des 80 milliards d’euros listés ci-dessus, s’ajoutent 20 milliards pour la cohésion des territoires. La question qui se pose désormais est de savoir si les projets concrets seront au rendez-vous des ambitions gouvernementales. Deux canaux semblent devoir faire le lien entre les territoires et l’État. D’une part, la Banque des Territoires sera en charge de la numérisation des territoires et des projets de logements sociaux. D’autre part, Bpifrance devra favoriser l’innovation et la transition numérique des TPE-PME.

Le gouvernement espère aussi relancer les investissements des entreprises. Mais celles-ci ressortent très endettées du confinement (152 milliards d’euros de dette supplémentaire) et le climat des affaires, s’il remonte en août selon l’Insee, reste loin des niveaux d’avant pandémie. Reste à savoir si l’argent frais apporté par l’État sera suffisant pour leur redonner confiance.

L’autre grande question consiste à savoir comment le gouvernement s’assurera que ces projets respecteront les objectifs climatiques de la France. Une partie du plan Relance France vise la transition écologique, mais les critères pour définir les projets verts ne sont pas encore connus. Au niveau européen, des outils se mettent néanmoins en place, comme la taxonomie des activités vertes. Mais rien n’indique que le gouvernement envisage de s’en servir comme boussole.

Arnaud Dumas @ADumas5 et Ludovic Dupin @LudovicDupin


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