Publié le 23 mars 2021

ÉCONOMIE

Dégradation de la santé mentale : Les assureurs santé prêts à rembourser les consultations de psychologues

Depuis l'apparition du Covid-19, la santé mentale des Français s'est considérablement dégradée. Face à l'ampleur du phénomène, les complémentaires santé et les assureurs s'engagent à prendre en charge plusieurs consultations de psychologues cette année. L'enjeu est aussi économique. Avant même la pandémie, le coût des problèmes de santé mentale en Europe était estimé à 600 milliards d'euros par an soit 4 % du PIB annuel. 

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g-stockstudio / Istoc
Les assureurs vont rembourser cette année une partie des consultations "psy" dans la limite de 60 euros par séance.

Après un an de Covid-19, deux confinements, et plusieurs couvre-feux, les Français sont épuisés. Ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de troubles psychologiques voire de dépression. Les assureurs, souvent pointés du doigt lors de la pandémie pour n’avoir pas assez soutenu les restaurateurs notamment, font, cette fois, un geste. Lundi 22 mars, la Fédération française de l’assurance (FFA) a annoncé la création d'un dispositif de prise en charge des consultations de psychologues en 2021 pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire.

Ce remboursement concernera les assurés couverts par un contrat de complémentaire santé. "Jusqu'à quatre consultations pourront être prises en charge (...) sur orientation médicale et dans la limite de 60 euros par séance", a détaillé la FFA. "Plongés dans un climat d'incertitude, privés de relations sociales, de loisirs et, pour certains, d'activité professionnelle, les Français, et plus particulièrement les jeunes, ont le moral en berne après une année de crise sanitaire", a souligné la Fédération précisant que les consultations de psychologues ne sont pas couvertes par le régime obligatoire de l'Assurance maladie. La Mutualité française et les institutions de prévoyance se sont également engagées dans cette démarche. 

80 milliards d’euros pour la France 

Dès la fin de l’année, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, observait une "augmentation importante des états dépressifs. Le nombre de personnes concernées a doublé entre fin septembre et début novembre", notait-il. "Cette épidémie est stressante, anxiogène, et peut générer une souffrance psychologique pour nombre d’entre nous", expliquait-il. Le ministre de la Santé, Olivier Véran évoquait même en décembre la "troisième vague de la santé mentale". Si cette dernière génère des souffrances psychologiques, elle a aussi un lourd impact sur l’économie. 

Selon un récent rapport publié par Axa, le coût lié aux problèmes de santé mentale en Europe est estimé à 600 milliards d’euros par an, l’équivalent de 4 % du PIB annuel. Un chiffre corroboré par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui précise que le coût est de 80 milliards d’euros pour la France. Pour une grande part, "ces coûts sont liés aux taux d’emploi et à la productivité moins élevés des personnes atteintes de troubles de la santé mentale (1,6 % du PIB soit 260 milliards d’euros", note l’OCDE. Or le Covid-19 a exacerbé ces tensions. 

"Pour devenir un leader en santé, nous devons considérer le sujet dans sa globalité et analyser toutes ses composantes. La santé mentale est un risque sous-estimé et mal connu. Les symptômes sont moins visibles que dans le cas d’une maladie physique", explique dans une note Antimo Perretta, Directeur général Europe et membre du Comité de direction d’AXA. Dans son sixième baromètre "de la santé psychologique des salariés français en période de crise", le cabinet Empreinte humaine note ainsi une hausse des arrêts maladies. Tout comme les assureurs, les entreprises sont en première ligne face à la dégradation de la santé mentale.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP


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