Publié le 22 décembre 2020

ÉCONOMIE

Avec sa Convention des entreprises pour le climat, le monde économique veut être un relais de la Convention citoyenne

Plusieurs personnalités issues du monde économique viennent de lancer la Convention des entreprises pour le climat, inspirée de la Convention citoyenne pour le climat. L'idée est que 150 dirigeants d'entreprises travaillent à une plateforme de propositions et résolutions en s'appuyant sur plusieurs piliers dont la gouvernance, le marketing écoresponsable ou encore la finance. Cette CEC veut devenir un catalyseur et faire passer les entreprises de la politique des "petits pas" à celle "des grandes enjambées".

Emmanuel macron convention citoyenne pour le climat CHRISTIAN HARTMANN POOL AFP
La Convention des entreprises pour le climat a été inspirée par le travail de la Convention citoyenne pour le climat, crée en 2018 par Emmanuel Macron.
CHRISTIAN HARTMANN POOL / AFP

La Convention citoyenne pour le climat fait des émules dans le monde de l’entreprise. Plusieurs personnalités passées par Google, Lafarge, Hewlett Packard… viennent de créer la Convention des entreprises pour le climat (CEC). Cette association vient de lancer un appel à candidature pour recruter 150 dirigeants qui auront pour mission d’élaborer une plateforme de "propositions audacieuses et impactantes" pour 2022.

"L’idée est d'être un relais de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) que j’ai beaucoup suivie. Les citoyens ont ouvert la voie, les entreprises doivent suivre", explique le fondateur de la CEC, Éric Duverger, qui a travaillé pendant plus de 20 ans pour Michelin. "Je constate qu’il y a une vraie prise de conscience dans les entreprises sur les sujets climat et biodiversité mais que les actions peinent à être mises en place. L’idée est que cette CEC devienne un vrai catalyseur, un accélérateur de mouvement", espère-t-il. 

Une dizaine d'entreprises du CAC40

Concrètement, les 150 dirigeants vont travailler ensemble sur six leviers thématiques qui vont de "se nourrir" à "produire/ travailler" et six piliers systémiques comme la gouvernance, la finance, la comptabilité ou encore le marketing éco-responsable. Depuis le lancement de la CEC, le 18 décembre dernier, plus de 25 dirigeants d’entreprise ont répondu à l’appel. Pour l’instant, il s’agit essentiellement de PME mais Éric Duverger affirme être en relation avec une dizaine d’entreprises du CAC40. "On voudrait que tous les secteurs d’entreprises soient représentés, surtout les plus carbonés car ils sont la clé du changement", assure le fondateur de la CEC. 

Ici, pas question de donner des leçons mais plutôt de susciter "l’appétit des dirigeants" pour "réinventer l’entreprise à haute conscience écologique". Si une "cohésion" est nécessaire pour avancer ensemble sans pointer du doigt, Éric Duverger ne veut pas rogner sur la "radicalité". Pas question non plus de sortir un éventail de propositions comme la CCC. 

Des propositions et résolutions juste avant l'élection présidentielle

Le but est d’arriver à un consensus sur plusieurs sujets transversaux qui auront un "effet domino" sur le reste. "Si on arrive à mettre en place une feuille de route sur la comptabilité environnementale par exemple, cela aura des conséquences sur tous les secteurs", explique Éric Duverger. Cette comptabilité augmentée prendrait en compte les défis environnementaux et sociaux et non plus seulement l’économie. 

Si la CEC croit à la force d’entraînement des 150 dirigeants, elle sait que les auto engagements ne suffisent pas. C’est pourquoi, comme la Convention citoyenne pour le climat, elle en appellera aux pouvoirs publics pour avancer. Après avoir débattu et organisé une multitude de sessions, la CEC espère présenter sa plateforme de résolutions et de propositions en mars 2022, juste avant l’élection présidentielle. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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