Publié le 29 juillet 2015

ISR / RSE

Risque climatique : les investisseurs pourraient perdre 4 200 milliards de dollars

C’est une nouvelle alerte pour les investisseurs ayant des actifs dans les compagnies extractives d’énergies fossiles. Cette fois, elle est lancée par The Economist Intelligence Unit, qui vient de publier une étude sur le risque carbone. Les pertes liées au changement climatique seraient colossales, atteignant dans le meilleur des cas 4 200 milliards de dollars. Et dans le pire, jusqu’à ... 57 000 milliards de dollars.

Photo d'illustration
iStock

4 200 milliards de dollars. C’est le PIB du Japon, la troisième économie mondiale. C’est aussi la somme que les investisseurs privés pourraient voir partir en fumée d’ici la fin du siècle à cause du réchauffement climatique. Et ce même si ce réchauffement global est limité à 2 degrés, prévient The Economic Intelligence Unit, qui a publié, avec l'assureur britannique Aviva, une étude sur le coût de l’inaction le 24 juillet dernier.

"Les investisseurs sont actuellement confrontés à un choix difficile", explique Brian Gardner, l’auteur du rapport. "Soit ils vont voir leurs participations dans des entreprises productrices de combustibles fossiles se déprécier à cause de mesures réglementaires plus strictes, soit ils vont faire face à des pertes substantielles dans leurs portefeuilles à cause du changement climatique. Entre ces deux voies, il y en a une troisième, qui consisterait pour les investisseurs de long terme à transférer leurs investissements vers une économie bas carbone, plus viable."

 

57 000 milliards de dollars menacés dans le pire des scénarios

 

The Economic Intelligence Unit a évalué le risque carbone à travers différents scénarios. Dans le cas d’un réchauffement de la température globale de 5 degrés, il ne s'agirait plus de 4 200 mais de 7 000 milliards de dollars d’actifs menacés par le changement climatique. Avec une augmentation de 6 degrés, le pire des scénarios envisagés, les investisseurs pourraient alors perdre près de 14 000 milliards de dollars, soit 10 % du stock d’actifs au niveau mondial.

De leur côté, les investisseurs publics seraient encore plus touchés, avec 43 000 milliards de dollars de pertes potentielles, dans un scénario de réchauffement de 6 degrés.

"Nous ne prendrions pas un avion en sachant qu’il y a 5 % de chances qu’il s’écrase", a alerté Nick Robins, co-directeur de la Commission d'enquête sur la conception d'un système financier durable au sein du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement). "Pourtant, nous sommes en train de traiter la question du réchauffement climatique, qui représente le même niveau de risque, de manière désinvolte et complaisante."

 

Aviva : 3 milliards £ à l'investissement vert  

 

Il semble en effet que nous soyons collectivement prêts à monter dans cet avion. Selon les estimations de l’ONG AODP (Asset Owner Disclosure Project), seulement 7 % des investisseurs ont calculé l’empreinte carbone de leurs portefeuilles. Et parmi eux, seuls 2 % se sont engagés à réduire la part des énergies fossiles dans leurs investissements au cours de l’année à venir.

Cependant, les assureurs se positionnent à quelques mois de la conférence climatique de Paris (COP21). Après Axa, en mai dernier, le groupe d'assurances Aviva a profité de la publication de l'étude sur le coût de l'inaction pour dévoiler sa stratégie bas-carbone en tant qu'investisseur institutionnel.

Le géant britannique va ainsi consacrer 3 milliards de livres (soit 4,2 milliards d'euros) aux infrastructures à faible émission de CO2 d'ici 2020 (500 millions de livres par an). L'objectif, en plus du rendement financier, est un retour carbone sur investissement. 100 000 tonnes de CO2 seront évitées chaque année.

Aviva indique également qu'elle va prendre en compte le risque climatique dans ses décisions et qu'elle "se désinvestira des entreprises à très forte intensité en carbone dont elle considère qu’elles ne font pas suffisamment de progrès vers les objectifs d'engagement fixés".

 

 

Concepcion Alvarez
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