Publié le 08 février 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Comment mieux prendre en compte la dimension extra-financière dans le financement des PME ?

Alors que de plus en plus de PME et de TPE adoptent une stratégie de responsabilité sociétale (RSE), les acteurs financiers doivent suivent le mouvement et mieux intégrer les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) estiment l’Observatoire de la RSE. Pour ce faire, il vient de publier, avec le cabinet PwC, un guide destiné aux professionnels du secteur.

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Pour aider le secteur financier à mieux prendre en compte les critères ESG dans le financement des PME et TPE, l'ORSE et PwC viennent de publier un guide nourri de bonnes pratiques.
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La prise en compte de la dimension extra-financière des PME est devenue une préoccupation croissante pour le secteur financier. D’une part, du fait de la règlementation croissante sur le sujet. Si les lois sur la transition énergétique ou le devoir de vigilance ne concernent pas directement les PME, elles sont cependant impactées en tant que maillon de la chaîne d’approvisionnement. D’autre part, les acteurs financiers ont pris conscience de la part des risques et opportunités liés aux enjeux de RSE y compris pour les moyennes et petites entreprises. D’autant plus que la pression des consommateurs et de la société civile est grandissante.

Des freins à lever

Pour autant, pour que cette prise de conscience puisse réellement prendre corps avec une meilleure prise en  compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) lors du financement des PME et TPE, il reste des freins à lever.

"Les PME manquent souvent de ressources et d’expertises, notamment dans le domaine du climat. Une de nos recommandations est donc de mettre à leur disposition des outils et bonnes pratiques qui peuvent être dupliqués de manière simple, en termes financiers et humains", souligne ainsi Daniel Lebègue, le président de l’ORSE. Le guide préconise ainsi de s’appuyer sur des accords de branche, qui permettent de définir des bonnes pratiques pertinentes par secteurs d’activité, comme a pu le faire le secteur de la propreté.

Par ailleurs, du côté des financiers, il n’existe pas aujourd’hui de méthodologie et d’outils harmonisés pour bien prendre en compte les critères ESG pertinents pour des petites et moyennes entreprises. "Pour cela, nous préconisons là encore l’échange de bonnes pratiques et pas forcément de règlementation", précise Daniel Lebègue. Autre chantier crucial : la sensibilisation et la formation des métiers de proximité, comme les commerciaux et chargé d’affaires, en lien direct avec les dirigeants d’entreprise.

Le capital investissement en pointe

Dans le secteur financier, c’est le capital investissement qui est en pointe. S’il s’y est mis sur le tard, il a intégré cette dimension extra-financière en accéléré, notamment pour mieux gérer les risques de réputation. Mais ces acteurs, dont "la responsabilité est très forte vis-à-vis des entreprises de leurs portefeuilles", particulièrement lorsque celles-ci sont majoritaires au capital, "ont bien compris que cela allait au-delà et que l’ESG permet d’élargir la couverture des risques, l’efficacité opérationnelle des entreprises et de les pousser à l’innovation", assure le rapport.  

Le guide cite ainsi Eurazeo, qui demande aux entreprises dans lesquelles il investit de mettre en place un plan RSE tout au long de la phase d’investissement, avec la nomination d’un responsable RSE, un reporting extra-financier, un bilan environnemental, un baromètre social ou encore des audits auprès des fournisseurs.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

En savoir plus : le guide "Critères ESG : intégration dans les financements, les investissements, les services aux TPE-PME. Les démarches des acteurs financiers" est consultable ici.

 
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