Publié le 22 juillet 2020

FINANCE DURABLE

Avec son modèle disruptif, Tesla devient le constructeur le plus cher du monde

Tesla semble avoir passé la crise du Covid-19 sans heurts, et a même vu son cours de Bourse atteindre des sommets. Le constructeur américain, qui va annoncer ses résultats du deuxième trimestre, est depuis quelques semaines devenue la première capitalisation boursière automobile du monde, devançant tous les constructeurs historiques. Un succès qu'il doit à son statut de "pure player" sur le marché de l'automobile électrique. 

En juin 2020, la capitalisation boursière de Tesla a dépassé les 200 milliards de dollars.
@Tesla

L’arrêt brutal de la production et des ventes automobiles, du fait de la crise sanitaire, semble n’être plus qu’un souvenir pour Tesla. Les résultats financiers sur cette période, qui seront annoncés le mercredi 22 juillet en début d’après-midi sur la côte Ouest des États-Unis, sont particulièrement attendus alors que la firme californienne a enchaîné les bonnes nouvelles ces dernières semaines.

À commencer par sa valorisation boursière qui, après avoir connu un creux en début de crise sanitaire, s’est brusquement redressée ensuite. Jusqu’à atteindre la barre fatidique des 1000 dollars par action le 10 juin, soit une valorisation de 200 milliards de dollars, plus que celles des géants mondiaux comme Volkswagen (près de 85 milliards de dollars) ou Toyota (autour de 180 milliards de dollars). Le titre a de plus poursuivi sa progression tout au long des mois de juin et juillet, pour atteindre 1600 dollars par action le 20 juillet. Tesla, en 17 ans d’existence et à peine dix ans de cotation en Bourse, a réussi à surpasser tous les constructeurs automobiles.

Valorisé comme une entreprise de la tech

La vague électrique, qui semble emporter l’industrie ces derniers mois, a largement contribué au succès boursier de Tesla, principal "pure player" sur ce marché. Les succès enregistrés dans le courant de l’année 2019, qualifiée de "tournant" par le constructeur lui-même, ont fait le reste. Tesla a en effet renoué avec la rentabilité au second semestre et vu les livraisons de véhicules croître à vitesse grand V. Le début de l’année 2020 s’est poursuivi sur la même tendance. Malgré la mise à l’arrêt des sites de production en raison de la crise sanitaire, Tesla a réussi, au deuxième trimestre, à sortir 90 650 véhicules de ses chaînes de production et à livrer 82 272 voitures à ses clients. Ses volumes de vente sont bien inférieurs à ceux des autres marques auto, mais ce n’est pas cet indicateur que retiennent les investisseurs.

Le parcours boursier de la marque américaine se distingue des autres constructeurs automobiles depuis plusieurs années. Au point d’agacer Herbert Diess, le patron de Volkswagen, qui disait à ses tops managers début 2019 : "Nous sommes valorisés comme un constructeur automobile, alors que Tesla est valorisée comme une entreprise de la tech". C’est là tout l’atout de la firme d’Elon Musk, qui a su s’affranchir des règles de l’industrie automobile en se focalisant sur l’électrique, en intégrant totalement sa chaîne de fabrication et en se reposant sur un marketing viral peu coûteux pour créer une communauté d’adeptes de ses voitures.

La firme a internalisé toute son expertise logicielle

Surtout, Tesla est devenue une véritable entreprise de la tech, plutôt qu’un simple constructeur. Selon une étude sur Tesla réalisée début juillet 2020 par FaberNovel, l’agence spécialisée dans l’innovation, la firme basée en plein cœur de la Silicon Valley a internalisé toute son expertise logicielle. Les autres constructeurs, eux, font appel à des sous-traitants. De quoi permettre à Tesla de prendre plusieurs longueurs d’avance sur le véhicule autonome, en intégrant petit à petit des fonctionnalités dans ses voitures.

Tesla a réussi à transformer le modèle industriel traditionnel des constructeurs automobiles et sait en tirer le maximum de profit. Reste la question du futur de la mobilité. Sur ce point, le constructeur atypique rentre à nouveau dans le rang et ne disrupte pas les modèles. Selon FaberNovel, alors que les centres-villes s’orientent de plus en plus vers des mobilités douces et les transports en commun, Tesla reste sur un modèle de ventes aux particuliers de véhicules toujours plus gros (tels son CyberTruck) ou rapides.

Arnaud Dumas, @ADumas5


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