Publié le 30 décembre 2021

ENTREPRISES RESPONSABLES

RSE : Pourquoi les "Chief Impact Officers" sont une bonne nouvelle pour réduire l'empreinte environnementale des entreprises

De plus en plus d’entreprises nomment des "Chief Impact Officers" au sein de leur comité exécutif. Si leurs missions s’apparentent à celle du "directeur développement durable" ou "de la RSE", elles permettent d'aller plus loin en amenant les entreprises à mesurer leurs progrès concrets en matière d’impacts sociaux et environnementaux. Le signe d’une nouvelle ère pour la RSE et une raison d'espérer en cette fin d'année morose. 

C I O
Le "Chief Impact Officer" émerge dans les comités exécutifs des entreprises.
UX Indonesia / Unsplash

Le 10 décembre dernier, cette nouvelle a bénéficié d’un relai remarqué au sein de la presse économique française : Kat Borlogan, directrice de la mission French Tech à Bercy depuis 2018, est nommée "Chief Impact Officer" chez Content Square, licorne française parmi les leaders mondiaux du parcours utilisateur sur le web. Si cette spécialiste de l’innovation et de la diversité dans la tech est une personnalité en vue depuis plusieurs années, sa nouvelle fonction de "CIO" demeure moins connue dans la sphère économique tricolore.

Apparu aux États-Unis, ce nouveau poste de direction est censé aider les entreprises à aller plus loin que de simples engagements RSE. Comme son nom l’indique, le CIO a pour principale mission de "mesurer les impacts" en matière d’avancées sociales, sociétales ou environnementales d’une société. Siégeant dans la plupart des cas au comité exécutif de l’entreprise (c’est le cas de Kat Borlogan), le CIO a un accès privilégié aux discussions stratégiques, peut y interagir et y faire peser son avis.

Changement de paradigme au sein des comités exécutifs

Si cette nouvelle fonction est encore peu répandue en France, ses attributions tendent inexorablement à se développer au sein des directions de l’engagement, de développement durable ou de la RSE traditionnelles. Interrogé à ce sujet par les Échos, Damien Créquer, associé du cabinet de recrutement Taste, ajoute : "Quand l'approche de développement durable, technique et organisationnelle, glisse vers la notion d'impact, c'est qu'elle annonce une étape supplémentaire : une volonté de résultat."

Cette notion de mesure des engagements est historiquement poussée par les ONG et l’opinion publique. La nouveauté est qu’elle est désormais de plus en plus exigée par les comités exécutifs eux-mêmes. Selon une étude parue en décembre du cabinet de conseil Heidrick & Struggles et de l'Institut européen d’administration des affaires (INSEAD), 75 % des administrateurs d’entreprises estiment que "le changement climatique est très important, voire critique pour la réussite stratégique de leur entreprise". Un changement de paradigme entrepreneurial. 

Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs du développement durable (C3D), confirme cette tendance toujours auprès des Échos : "Au-delà des engagements, l'enjeu, désormais, va être de pouvoir mesurer les impacts positifs des actions menées sans omettre d'analyser les impacts négatifs résiduels ou collatéraux. Rapidement, la crédibilité des dirigeants va dépendre des résultats obtenus et donc les moyens, la stratégie, la tactique pour tenir les engagements vont être scrutés par les analystes… L'objet n'est plus la conformité, mais clairement de créer de l'impact", explique-t-il.

Mathieu Viviani @MathieuViviani


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