Publié le 27 octobre 2020

ÉCONOMIE

Covid-19 : l'hypothèse d'un reconfinement se précise mais le risque est énorme pour les entreprises

Alors que la seconde vague de Covid-19 frappe de plein fouet l'Europe et la France, la possibilité d'un reconfinement localisé ou généralisé est discuté à l'Élysée. Plusieurs scientifiques pressent l'Exécutif de prendre ce chemin. Cette mesure est très redoutée par le Medef qui prédit un "écroulement de l'économie". Certaines entreprises, elles, sont déjà organisées pour y faire face.

Entreprise batiment covid
Le gouvernement réfléchit à prendre des mesures encore plus drastiques pour faire face à la seconde vague de la pandémie.
CC0

Fermeture des bars à 22 heures, arrêt des salles de sport, couvre-feu à 21 heures... Les mesures prises par le gouvernement sont allées crescendo depuis un mois pour lutter contre l’accélération de la pandémie. Le but de l’Exécutif est d’éviter un reconfinement généralisé comme ce fut le cas pour la première vague. Mais la propagation du virus est telle que cette solution ne peut plus être écartée, estime Éric Caumes, chef du service infectiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, sur Franceinfo.

"Le virus est tellement présent parmi nous que, là, je pense qu’aujourd’hui on n’a plus le choix, il faudrait reconfiner", a-t-il affirmé. "On a perdu le contrôle de l’épidémie il y a quelques semaines déjà. Le premier ministre l’a reconnu, le ministre de la santé aussi", alerte-t-il.

"Les dégâts sanitaires seront plus élevés si on a un chômage et des faillites de masse"

Plusieurs pays européens ont déjà pris ce chemin. Le Pays de Galles, qui compte plus de trois millions d’habitants se reconfine jusqu’au 9 novembre. L’Irlande a également pris cette décision, pour les six semaines à venir, tout en maintenant les écoles ouvertes. Vendredi 23 octobre, le Président de la République, Emmanuel Macron, en visite dans un centre hospitalier, a souligné qu’il était "trop tôt aujourd’hui pour dire si on va vers des reconfinements locaux ou plus larges", sans fermer totalement la porte.

Ces incertitudes font craindre le pire aux entreprises qui subissent déjà de plein fouet les mesures visant à lutter contre la pandémie. Interrogé sur RMC le 26 octobre, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a estimé qu’un reconfinement total, comme ce fut le cas en mars, provoquerait non pas une "récession de 10 %", mais "un écroulement total de l’économie". "J’ai discuté avec l’un des membres du conseil scientifique. Il s’avère que l’essentiel des contaminations n’a pas lieu sur le lieu de travail mais dans le domaine privé !", plaide-t-il. "On doit continuer à travailler sinon les dégâts sanitaires seront plus élevés si on a un chômage et des faillites de masse".

Un protocole sanitaire bien respecté

Pourtant, certaines entreprises sont en tout cas déjà prêtes en cas de nouvelle interdiction de sortir de chez soi. Axa, le géant de l'assurance, assure au Figaro avoir gardé les mêmes règles depuis la fin du premier confinement. Ainsi, le personnel est divisé en deux équipes. Chacune alterne une semaine de télétravail pour éviter la promiscuité. La startup Wizi a rendu les clés de ses anciens locaux, raconte Les Echos, et tous les salariés travaillent désormais de chez eux. Reste que ces stratégies sont encore marginales et ne peuvent s'appliquer à toutes les activités. Or les entreprises totalisent le plus grand nombre de clusters.

Pour y faire face le ministère a mis en place un protocole sanitaire strict qui est "efficace", assure la ministre du Travail Élisabeth Borne même si la "situation est préoccupante". Alors que le gouvernement ne cesse de recommander le télétravail, la ministre a annoncé sur LCI qu’au mois de septembre, 12 % des heures de travail avaient été télétravaillées. En octobre, près de la moitié des salariés travaillant dans des zones rouges ont télétravaillé au moins un jour par semaine, a ajouté Élisabeth Borne. 

Alors que l’Assemblée nationale vient de voter pour la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, les premiers résultats de l’extension du couvre-feu à 38 départements ne devraient apparaître que dans deux semaines. Pour l’instant, l’Élysée laisse planer le doute mais Emmanuel Macron a annulé sa visite au Creusot le 27 octobre pour se consacrer pleinement à la crise sanitaire. Une dizaine de ministres devraient également se réunir mercredi soir à Matignon pour une réunion sur le sujet, selon les informations de BFM.

Marina Fabre, @fabre_marina


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