Publié le 08 décembre 2020

ÉCONOMIE

La moitié du PIB mondial menacée en raison du déclin de la biodiversité

Aujourd'hui, plus de 55 % du PIB mondial dépend de la bonne santé de la biodiversité. Or, avec son déclin et le risque d'effondrement des écosystèmes, les économies du monde entier sont impactées. Les pays agricoles comme le Vietnam ou l'Indonésie, dont le PIB repose essentiellement sur les services rendus par la nature, sont particulièrement à risque. Dans les pays du G20, c'est l'Afrique du sud et l'Australie qui sont les plus touchées.

Australie megafeu SAEED KHAN AFP
SAEED KHAN AFP
Les feux en Australie auraient tué plus d'un milliard d'animaux.

La pollinisation, l’approvisionnement en nourriture, la fertilité des sols, la qualité de l’eau, la régulation de l’air… Tous ses services indispensables sont rendus possible grâce à la nature. Mais le maintien de ces écosystèmes est en péril. Dans un nouveau rapport, le réassureur Swiss Re estime qu’avec le déclin de la biodiversité, les écosystèmes d’un cinquième des pays du monde sont menacés d’effondrement.

Tous les pays, développés ou en développement, sont concernés. 39 pays sont particulièrement à risque car un tiers de leurs terres est déjà fragilisé. C’est le cas notamment de Malte, Israël, Chypre ou encore Bahreïn. Parmi les pays du G20, l’Afrique du Sud et l’Australie sont les plus à risque. Mais le plus inquiétant vient des pays dont le PIB repose essentiellement sur les services rendus par la nature. 

42 000 milliards de dollars dépendent de la biodiversité

"Les pays en développement riches en ressources avec de grands secteurs agricoles se démarquent, comme le Kenya, le Vietnam, le Pakistan, l'Indonésie et le Nigeria", note Swiss Re. Au total, c’est 55 % du PIB mondial qui dépend d’une biodiversité en bonne santé. "Si le déclin des services écosystémiques se poursuit dans les pays à risque, vous verrez alors les pénuries se développer encore plus fortement, jusqu’à des points de basculement", fait valoir l’auteur principal du rapport, Oliver Schelske dans The Guardian.

La forêt amazonienne par exemple, a déjà perdu 17 % de sa superficie d’origine. Selon le climatologue et chercheur brésilien Carlos Nobre, si l’Amazonie dépasse entre 20 et 25 % de déforestation, elle ne pourra plus se régénérer. Elle n’est pas la seule à se rapprocher dangereusement de ce point de non-retour. C’est notamment pour cette raison que Swiss Re a créé son indice de biodiversité, basé sur 10 services écosystémiques identifiés par les scientifiques. Il veut ainsi souligner l’importance de la conservation de la nature pour l’économie de manière claire.

Le temps des mesures

"L’utilisation de cet indice comme base de prise de décision en matière de souscription et de gestion d’actifs rendra les entreprises et les investissements plus résilients", croit Jeffrey Bohn, directeur de recherche chez Swiss Re. Après le constat, l’enjeu est désormais de prendre des mesures à la hauteur. Le réassureur souligne par exemple que la restauration des écosystèmes le long de la côte de la Louisiane pourrait réduire les coûts d’inondation prévus de 5,3 milliards de dollars.

Au contraire, Swiss Re fait du cas de la destruction de la mer d’Aral un symbole des impacts du déclin de la biodiversité. Sa destruction a en effet mené à un effondrement économique et à des migrations massives de la zone côtière environnante. Une "illustration extrême de la manière dont l’effondrement d’un écosystème peut affecter une économie locale", conclut Swiss Re. 

Marina Fabre, @fabre_marina


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