Publié le 31 mars 2017

Présidentielle 2017

Présidentielle 2017: quel cap environnemental?

Les 5 principaux candidats à l’élection présidentielle veulent tous réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais les moyens pour y parvenir diffèrent. La sobriété énergétique rassemble Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, le plaidoyer pro-nucléaire réunit François Fillon et Marine Le Pen. Entre les deux, Emmanuel Macron défend des positions intermédiaires. Décryptage. 

François Fillon (LR), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), Marine Le Pen (FN) et Benoît Hamon (PS), lors du débat télévisé diffusé sur TF1 le 20 mars.
Patrick Kovarik / AFP

Les cinq candidats que les sondages placent au-dessus de 10% des voix à l'élection présidentielle défendent des visions contrastées sur l’énergie, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique et de respect de l’Accord de Paris.

 

Sobriété énergétique pour Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon 

 

Les deux candidats de gauche ont fait de l’écologie la colonne vertébrale de leur programme et prônent plus d’efficacité énergétique et une baisse de la consommation. Le représentant du Parti socialiste et celui de la France insoumise souhaitent le faire en changeant les modes de vie, les pratiques et les comportements. Cela permettrait de couvrir les besoins énergétiques de la France uniquement avec les énergies renouvelables, estiment-ils

Des programmes environnementaux qui trouvent écho dans le scénario NegaWatt pour une France propre. L’association, pilotée par une vingtaine d’experts, proposait en début d’année une "boussole" et un "tempo" pour mener la France vers 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050.

Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon se fixent le même objectif, avec une sortie progressive du nucléaire. Les deux candidats complètent leurs engagements environnementaux avec des plaidoyers pour l’agro-écologie, les circuits courts et  le bio.

Ils souhaitent tous deux interdire les OGM et les perturbateurs endocriniens et préconisent la mise en place d’une taxe carbone et une sortie du diesel. 

 

Le nucléaire, une solution climatique pour Marine Le Pen et François Fillon 

 

Les deux candidats de droite veulent "décarboner l’énergie", en misant sur le nucléaire "faiblement émetteur de gaz à effet de serre" et  gage de "l’indépendance énergétique française".

Marine Le Pen souhaite "maintenir, moderniser et sécuriser la filière nucléaire française", quand François Fillon veut allonger la durée de vie du parc nucléaire actuel, puis passer aux réacteurs dits de quatrième génération. 

Le candidat Les Républicains et la représentante du Front national veulent s’affranchir des objectifs de la loi sur la transition énergétique de juillet 2015, dont celui d’une part de 50% pour le nucléaire dans le mix électrique français. Ils souhaitent maintenir la production à 75%. 

Quant aux énergies renouvelables, elles sont "porteuses" pour François Fillon. Il faut "développer massivement les filières françaises des énergies renouvelables", renchérit Marine Le Pen. 

Sur l’agriculture, autre sujet environnemental, les programmes des deux candidats divergent. Marine Le Pen soutient le développement des circuits courts et le "patriotisme économique" des produits agricoles. Il s’agit, pour les marchés publics, de privilégier les produits de "nos paysans et de nos pêcheurs". 

Sur ces questions, François Fillon évoque surtout la liberté d’entreprendre des agriculteurs via des baisses de charges.

Marine Le Pen oppose son modèle protectionniste au modèle productiviste et libéral de François Fillon. 

 

Pragmatisme teinté d’environnement pour Emmanuel Macron

 

Le candidat d’En Marche ! qui se dit "ni de droite, ni de gauche", compte garder le cap fixé par la loi sur la transition écologique et énergétique existante, c'est-à-dire 32% d’énergies renouvelables d’ici 2030 dans le mix électrique français.

Sur le nucléaire, "tout n’est pas à jeter, estime-il. En même temps, on a un problème de dépendance, parce que ce n’est pas bon d’avoir 75% de notre énergie électrique qui dépend du nucléaire." L’ancien ministre de l’économie reste sur l’objectif d’une part de 50% de nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025 et se référera ensuite à l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire, pour d'éventuelles fermetures. 

Sur l’agriculture, Emmanuel Macron souhaite, à terme, "50% de produits bio, écologiques (certifiés ou labellisés) ou issus de circuits courts dans la restauration collective".

Quant au diesel, il entend aligner, en 5 ans, s fiscalité sur celle de l’essence. Objectif : la fin des véhicules diesel et essence en 2040. 

La lutte contre la précarité énergétique est au cœur de son programme environnemental. Emmanuel Macron prévoit de rénover "la moitié des logements passoires des propriétaires les plus modestes" d’ici 2022, en injectant 4 milliards d’euros. Il consacre la même somme à la rénovation des bâtiments publics.

Le candidat présente ses propositions comme une réponse "crédible" aux enjeux environnementaux.

 

 

Marina Fabre et Anne-Catherine Husson-Traore
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