Publié le 07 mai 2017

Présidentielle 2017

Elu, Emmanuel Macron sera-t-il un président socialement et écologiquement responsable ?

Dimanche 7 mai, Emmanuel Macron (En Marche) a été élu Président de la République Française avec plus de 66 % des voix face à Marine Le Pen (Front National). Cet élu, d’un genre nouveau, non issu d’un parti traditionnel, a fait son lot de promesses pendant la campagne, laissant espérer une présidence placée sous le signe de la chasse aux énergies fossiles, d’une agriculture plus responsable ou de la promotion de l’égalité homme-femme.

Emmanuel Macron Francois Pauletto Citizenside AFP
Emmanuel Macron a été élu Président de la République le 7 mai 2017
AFP

Vers une agriculture et une alimentation plus durable

Emmanuel Macron a promis un "programme d’investissement d’avenir agricole" de 5 milliards d’euros sur 5 ans pour moderniser les exploitations.  "Nous aiderons les agriculteurs à être payés au prix juste en soutenant les organisations de producteurs dans leurs négociations avec les industriels", assure Emmanuel Macron.

Par ailleurs, il veut consacrer 200 millions d’euros par an aux agriculteurs qui se lancent dans des projets environnementaux. Il vise, à l’horizon 2022 à ce que 50% de l’alimentation dans la restauration collective soit issue de l’agriculture biologique, écologique ou locale. Enfin, il souhaite aussi renforcer la transparence du secteur en séparant, dès le début du quinquennat, "les activités de conseil aux agriculteurs et de vente des pesticides, qui peuvent susciter des conflits d'intérêts".

 

Promouvoir l’égalité femmes-hommes

 

Emmanuel Macron a promis que l'égalité femmes-hommes serait une "cause nationale". Pour cela, il mise sur l’utilisation du "name and shame", une pratique anglo-saxonne qui vise à nommer et dénoncer des entreprises peu vertueuses. Dans ce cas, l’idée serait d'évaluer les pratiques de sociétés en matière d'égalité et de dévoiler les résultats via un baromètre désignant les bons et les mauvais élèves.  Par ailleurs, il veut créer un congé maternité  "unique garanti pour toutes les femmes quel que soit leur statut, aligné sur le régime le plus avantageux".

 

Un plan de 30 milliards d’euros pour les énergies renouvelables

 

Emmanuel Macron a pour objectif d’ici 2022 "de doubler la capacité en éolien et en solaire photovoltaïque (…) L’Etat devra encourager l’investissement privé pour mobiliser 30 milliards d’euros d’investissements". Là encore, il s’aligne avec la loi de transition énergétique afin d’atteindre 32 % de renouvelables dans le mix électrique français en 2030.

En matière de nucléaire, Emmanuel Macron confirme l’objectif de la loi de transition énergétique de ramener la part de l’atome à 50 % en 2025. Cependant, il n’annonce pas de fermeture de réacteurs, ni ne s’engage sur la prolongation de leur durée de vie. Il réaffirme cependant la mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim en la conditionnant au démarrage du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville, fin 2018 ou début 2019.

Enfin, il veut poursuivre la chasse aux énergies fossiles en engageant la fermeture "des centrales à charbon restantes en 5 ans". Et il veut s’appuyer sur un outil puissant qu’est la taxe carbone : "Nous intégrerons le coût écologique dans le prix du carbone, en faisant monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 euros par tonne de CO2 en 2030".

 

 

Un investissement responsable pour une économie durable

 

Pendant la campagne, Emmanuel Macron a adressé un message au Forum pour l’Investissement Responsable (FIR). Il demande à ce que le secteur financier mette "ses capacités de financement et sa créativité au service de la transition vers une économie durable, en créant des supports financiers attractifs pour l’épargne de long terme et de façon plus générale en favorisant le long terme et en prenant conscience de sa responsabilité".

Par ailleurs, les labels ISR (Investissement socialement responsable) et TEEC (Transition Énergétique et Écologique pour le Climat) doivent devenir "des références, en leur assurant notamment des moyens de production suffisants". Le candidat se dit aussi "favorable à une obligation de proposer au moins un fonds labellisé dans toute offre bancaire ou d’assurance-vie" assure-t-il.

 

Plus d’électrique et moins de diesel pour la mobilité

 

En matière de mobilité, Emmanuel Macron s’aligne clairement sur le travail de l’ex-ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, devenue l’un de ses fervents soutiens. Ainsi, il axe sa politique avant tout sur la lutte contre le diesel (quand bien même il a défendu cette filière lors de son passage à Bercy) et le déploiement des véhicules électriques. Ainsi, il veut aligner la fiscalité du diesel sur l’essence, déployer 7 millions de bornes électriques et maintenir le bonus pour l’achat de véhicules électriques.

 

Valoriser le Travail

 

Emmanuel Macron veut instaurer un malus pour les entreprises qui "recourent excessivement aux contrats courts". A contrario, celles qui privilégient "l'emploi durable" pourront profiter d'un bonus. Il souhaite par ailleurs augmenter de près de 50% le montant de la prime d'activité afin de "valoriser le travail". "Tous les smicards qui bénéficient de la prime d'activité toucheront par exemple l'équivalent d'un 13ème mois de salaire, soit 100 euros nets de plus chaque mois", explique-t-il. Une mesure chiffrée à  2,1 milliards d'euros.

En matière de temps du travail, le nouveau Président assure vouloir conserver la durée légale de 35h mais veut "déconcentrer l'organisation de la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise". Enfin, l'ancien ministre de l'économie veut supprimer les cotisations maladie et les cotisations chômage, compensées par une augmentation de la CSG de 1,75 point.

Concernant le travail détaché, Emmanuel Macron préconise de limiter à un an la durée autorisée de séjour d’un travailleur détaché. Une mesure réaliste puisque ces salariés restent en moyenne quatre mois et demi en France.

La Rédaction
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