173 Nuances de Reporting : Focus sur les investisseurs institutionnels français

Article 173

Publication : novembre 2017

 

Novethic a analysé les réponses des 100 principaux investisseurs institutionnels français aux obligations de l’article 173 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte, publiée en 2015. Pour ces acteurs financiers - Sociétés d’assurance, de prévoyance, de retraite et de protection sociale -, elle crée la première obligation d’information sur la gestion des risques liés au climat, et plus largement sur l’intégration de paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement.

4 CATEGORIES D’ACTEURS 

Les acteurs engagés : 15 institutions. Elles totalisent 1813 milliards d’euros d’actifs, et ont mis en place des stratégies climat ambitieuses conjuguant le désinvestissement, la mesure d’empreinte carbone et la collecte de données sur les risques climat. Même si elles ont toutes historiquement mis en place des démarches d’intégration ESG, la dynamique n’y est pas la même.

Les pionniers confortés : 20 institutions. L’article 173 a conduit les pionniers de l’investissement responsable en France à ouvrir le chantier sur le climat. Confortées dans leur choix stratégiques passés, elles saisissent cette opportunité pour présenter publiquement leurs démarches et offrir un retour d’expérience positif. 

► Nouveaux entrants : 34 institutions. Elles communiquent pour la 1ère fois sur leur politique d’intégration de critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans la gestion, ce qui confirme l’effet d’entrainement de l’article 173. Cependant, elles délèguent largement cette démarche ce qui limite l’appropriation stratégique du sujet. Certains justifient les limites de leur engagement par leurs doutes sur les méthodologies disponibles mais n’envisagent pas forcément de travailler à les améliorer. 

Les abonnés absents : 31 institutions sont restées silencieuses.

AXES DE PROGRÈS POUR LES PROCHAINS RAPPORTS : POUR LES INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS

Les objectifs restent à clarifier

Les investisseurs du panel allouent déjà plus de 15 milliards d’euros à l’économie verte, un volume investi encourageant même si les besoins restent bien supérieurs. Pour que le rôle d’accélérateur de la transition vers une économie bas carbone soit tangible, ils doivent mieux définir leurs objectifs climat. Les stratégies pour les atteindre doivent être assorties d’indicateurs clairs, précis et mesurables.

La construction des méthodologies nécessite une plus grande implication des investisseurs

Faire progresser les métriques d’impact à l’échelle des portefeuilles, pousser les émetteurs - les entreprises - à communiquer des données de qualité, ne peut se faire sans un travail conjoint entre investisseurs et experts. Seul un travail coordonné offre la possibilité de piloter les investissements selon des scenarios environnementaux et sociaux robustes et de long terme. 

AXES DE PROGRÈS POUR LES PROCHAINS RAPPORTS : POUR LES REGULATEURS

Clarifier et relancer la dynamique

Si l’impact immédiat de l’article 173 est indéniable, le maintien de la dynamique de Place nécessite d’aller plus loin. Il faudrait dans l’immédiat préciser le périmètre d’application, puis définir un cadre méthodologique accompagné d’indicateurs de référence. Ces derniers sont indispensables pour mesurer les progrès et comparer les différentes stratégies.

Envoyer des messages politiques forts

Le rôle des investisseurs institutionnels est clef dans le financement effectif de la transition vers une économie bas carbone et inclusive. Mais le faible pourcentage de leurs investissements verts (et sociaux ?) montre qu’il faut leur adresser des messages plus clairs sur les opportunités qui s’offrent à eux. 

 

 


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