Publié le 27 décembre 2017

ENTREPRISES RESPONSABLES

La Redoute mise sur le "Made in Local"

Ces dernières années, notament depuis le rachat par les Galeries Lafayette en 2017, La Redoute est devenue l’un des leaders du e-commerce français. L'entreprise a pourtant choisi de rester attachée à ses racines roubaisiennes. Un choix qui permet de donner du sens à l'entreprise pour les salariés et les clients.

La Redoute quai 30
Un immense entrepôt de 42 000 m², baptisé Quai 30, a ainsi été construit à 300 mètres de l’ancien, la « Martinoire », devenu obsolète.
La Redoute

Depuis 180 années, la Redoute tient bon depuis sa base historique à Roubaix. Les différents rachats - que ce soit par le groupe international Kering ou plus récemment aux Galeries Lafayette (août 2017) - n’y ont rien fait. L'entreprise de e-commerce reste ancrée dans le Nord, par son siège mais aussi ses actions sur le territoire.  

"C’est notre ADN, notre histoire qui est marquée par les patrons philanthropes du Nord. Quand on vit à Roubaix, on comprend ce que veut dire la notion d’ancrage territorial", assure Camille Caron, coordinatrice RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) de La Redoute. Le territoire est chargé d’histoire : celui de l’industrie textile florissante au XXe siècle, aujourd’hui sinistrée.

80 % des produits dessinés à Roubaix

Quand Nathalie Balla et Eric Courteille (anciens dirigeants quand Kering était propriétaire) ont repris l’entreprise en 2014, ils choisissent de maintenir les activités à Roubaix et Wattrelos (Nord). Trois ans plus tard, 80 % de ses produits sont dessinés à Roubaix avec des stylistes maison. Quant à la logistique, un immense entrepôt de 42 000 mètres carrés, baptisé Quai 30, a été construit à 300 mètres de l’ancien, la "Martinoire", devenu obsolète.

L’entreprise y a massivement investi pour l’automatisation et l'amélioration de l’ergonomie. Elle y a associé une dizaine de salariés dès la conception. Objectif : concurrencer les plus grands sites e-marchands en gagnant en rapidité d'envoi. "Nous aurions pu faire des choix géographiques différents mais la notion d’ancrage a réellement pesé dans la balance, notamment pour garder les salariés, précise Camille Caron. C’est la même chose pour nos prestataires : pour des réponses équivalentes, l’entreprise locale a toutes ses chances car nous pensons que la proximité a de nombreuses vertus (éthique, pragmatique, lien…)".

Mécénat ultra-local

Face aux difficultés rencontrées par la population, La Redoute a aussi mis en place plusieurs actions locales de solidarité. Il y a quelques années, l’entreprise a créé avec Cyrillus, Movitex et Verbaudet une association pour favoriser l’égalité des chances par la formation professionnelle et la culture digitale. "L’idée est de mobiliser nos collaborateurs pour qu’ils mettent leurs compétences, leurs savoir-faire et tout simplement leurs envies au profit d’associations. C’est à la fois bon pour le territoire et bon pour l’entreprise car cela renforce le sentiment d’appartenance et la cohésion d’équipe", précise Camille Caron. Quelque 300 salariés, sur les 2 000 que compte l’entreprise, sont impliqués.

Pour redynamiser l’emploi dans cette région fortement touchée par le chômage, La Redoute a aussi noué des partenariats avec plusieurs associations et établissements scolaires pour intégrer en stage découverte des jeunes sélectionnés en fonction de leur mérite, en 3e ou en lycées professionnels. D’autres sont destinés à des jeunes plus avancés ans les filières professionnelles. Avec Mozaïk RH et Squad Emploi, une association développée par le réseau local sur la RSE Alliances, La Redoute accompagne quelques jeunes issus de quartiers défavorisés sur plusieurs mois, à travers des stages, des rendez-vous avec les ressources humaines et la mise à disposition du réseau de l’entreprise. 

Répondre aux nouveaux enjeux de l’entreprise

"Ce type de partenariats permet à des jeunes motivés d’avoir des perspectives dans une entreprise internationale (La Redoute est présent dans cinq pays européens et en Russie). Dans la région, ce n’est pas si facile : les grandes entreprises ne sont pas si nombreuses…", souligne Camille Caron.

Des initiatives qui permettront, selon elle de répondre aux nouveaux enjeux de l’entreprise : "il ne suffit plus de vendre des produits de qualité. Ce que le consommateur et les parties prenantes veulent aussi savoir, c’est à quoi l’entreprise sert. La valorisation du territoire d’implantation est une partie de la réponse".

Béatrice Héraud @beatriceheraud

Retrouvez le cas de la Redoute sur Bipiz, la plateforme de bonnes pratiques RSE 


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