Publié le 07 septembre 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

D-Orbit : le nettoyeur de l’espace qui veut faire du bien à la société

D-Orbit est une startup italienne spécialisée dans le nettoyage de l’espace. Considérée par les experts comme faisant partie des 100 startups à suivre au niveau mondial, elle est l'une des premières entreprises italiennes à mission. Un statut qui lui permet d'exercer un attrait supplémentaire sur les talents et les investisseurs !

Mission to mars pixabay
L'espace est jonché de débris d'engins spaciaux. Un nouveau marché pour les nettoyeurs de l'espace comme D-Orbit.
@Pixabay

Vieux satellites inactifs, morceaux de fusées, panneaux solaires détachés, on trouve de tout dans l’espace, et notamment des déchets. Le nettoyage de l’espace est de fait devenu un nouveau marché. C’est celui de D-Orbit, une startup italienne installée près du lac de Côme, qui est devenue en quelques années, l’un des leaders du secteur.

Celle-ci propose des technologies et techniques pour détruire les satellites en fin de mission ou en cas d’échec, en leur permettant de se consumer dans l’atmosphère ou en les envoyant sur des orbites cimetières par exemple. La tâche est d’ampleur : on compte aujourd’hui quelque 6 000 satellites dans l’espace dont seulement un millier environ sont en fonctionnement…

Misson spatiale et sociétale

Dès sa création, en 2011, la startup a fait le choix de mener de front mission spatiale et mission sociétale. "J’ai compris très tôt que le développement durable n’est pas la cerise sur le gâteau mais bien une condition nécessaire pour créer une entreprise pérenne", explique ainsi son fondateur Luca Rossettini, au cabinet Prophil (1).

Dès l’origine, la société s’est donc attelée à obtenir la certification B-corp. Puis a endossé le statut de Società Benefit, relativement calqué sur le modèle américain du label, dès son lancement en 2016. Les entreprises sous ce statut doivent mentionner un ou plusieurs buts "de bénéfice commun" et leur gestion doit équilibrer l'intérêt des actionnaires et des autres parties prenantes, avec l'intérêt de la mission. 

"Nous sommes la seule société spatiale à mission", s’enorgueillit ainsi Stefano Antonetti, directeur des ventes et business institutionnel de D-Orbit. Concrètement, cela passe par la recherche des solutions techniques les plus respectueuses de l’environnement, la recherche du moindre impact pour les déplacements des salariés, le recours à un approvisionnement le plus local possible, ou encore une démarche pédagogique sur les enjeux environnementaux liés à l’espace dans les écoles italiennes. L’entreprise a également opté pour une organisation horizontale à l’intérieur de l’entreprise, avec très peu de niveaux hiérarchiques et beaucoup d’autonomie pour les salariés.

Attirer les talents…et les investisseurs

"Toute cette démarche est très importante pour nous et lorsque nous recrutons, nous insistons autant sur notre excellence technologique que notre démarche d’entreprise à mission. Cela nous permet clairement d’attirer les talents alors que nous sommes une petite entreprise et que nous ne sommes pas forcément les plus attractifs du marché au niveau salarial par exemple", souligne Stefano Antonetti.

L’impact positif est aussi l’un des trois points clés mise en avant auprès des investisseurs après la compétitivité et l’utilisation des dernières technologies de pointe. "Notre engagement à promouvoir un impact environnemental positif est juste aussi important que de se procurer les meilleures technologies pour répondre au mieux aux besoins de nos clients", écrit ainsi l’entreprise sur son espace investisseur.

Et l’argument fait mouche selon Stefano Antonetti : "Les investisseurs avec lesquels nous sommes en contact sont très sensibles à cet aspect. Nos actionnaires nous soutiennent à 100 % dans notre double objectif car ils voient que le succès est au-rendez-vous". La startup compte aujourd’hui une trentaine de personnes vise 126 millions d’euros de chiffre d’affaires dans 5 ans.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

(1)   In "Les entreprises à mission, panorama international des statuts hybrides au service du bien commun", 2017, publié par le cabinet Prophil. 

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