Publié le 15 mai 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Entreprises : cinq mesures pour mieux gérer la ressource en eau

La gestion de l’eau est devenue incontournable pour les entreprises. Entre la multiplication des épisodes de sécheresse, les inondations et la pollution des nappes phréatiques, prendre grand soin de cette ressource doit être au cœur de leurs actions environnementales. EpE (Entreprises pour l’environnement) donne des pistes pour y parvenir.

Goutte eaupixabay
Malgré les innovations et une meilleure gestion de l’eau, les besoins en eau des entreprises s’accroissent considérablement. Une meilleure gestion de la ressource s'impose.
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En dépit des innovations et d’une meilleure gestion par les entreprises, leurs besoins en eau s’accroissent considérablement, notamment pour l'agriculture et l'énergie. Et ce alors que la population augmente et que le changement climatique va renforcer le stress hydrique dans certaines zones du globe. Aujourd'hui, 13 des 37 plus gros réservoirs naturels d’eau sont déjà surexploités et cela va s’aggraver au fil du temps, notamment du fait du changement climatique.

D’ici 2050, les ressources en eau de surface risquent de diminuer de 30 à 40 %. Pour inverser la tendance, les entreprises doivent donc prendre des mesures d’ampleur, et de façon urgente. Dans une publication, EpE (Entreprises pour l’environnement) recense quelques bonnes pratiques pour mieux gérer la ressource en eau.

1. Évaluer la ressource et ses impacts

Comme pour le carbone, il est possible d’évaluer les impacts environnementaux liés à l’eau pour un produit ou un site (norme ISO 1404). Cela permet d’identifier et de prioriser les plans d’actions, mais aussi d’en internaliser le coût économique. Engie a ainsi choisi d’évaluer son empreinte eau pour ses activités, notamment pour toutes ses centrales thermiques, très consommatrices d’eau. Cet outil dédié lui permet d’évaluer les impacts sur la faune et la flore des rivières, où les eaux de refroidissement sont rejetées. 

2. Optimiser l'utilisation agricole de l’eau 

Pour ses activités de récolte de riz commercialisé sous la marque Uncle Ben’s, Mars food se fournit au Pakistan, une région fortement soumise au stress hydrique. Pour économiser l’eau lors de cette activité très consommatrice, Mars food a donc travaillé avec les riziculteurs pour améliorer les pratiques ancestrales. Parmi les exemples de mesures préconisées : l’aplanissement du sol, la création de systèmes de tuyauteries pour éviter une inondation totale des plans ou encore la plantation directe des germes dans le sol. Résultats : 30 % de la ressource en eau économisée, 8 % de rendements en plus et des revenus en augmentation de 32 % pour les agriculteurs.

3. Améliorer la qualité de son eau

Pour ses nouvelles stations d’épuration, à l'Île Maurice, au Maroc ou en Chine, le Club Med utilise désormais une solution biologique baptisée "jardins filtrants". Il s’agit de zones humides artificielles combinant les différentes composantes d’un écosystème naturel, comme de la tourbe, des micro-organismes, des végétaux… Une fois traitée l’eau est réutilisée pour l’irrigation des espaces verts des clubs. Une solution qui a également l’avantage d’être économique. Elle nécessite un investissement inférieur à une station d’épuration traditionnelle et des coûts de fonctionnements réduits, sans énergie, ni produits chimiques.

4. Gérer le risque eau

Avec le changement climatique, les épisodes de sécheresse sont appelés à se multiplier et à s'aggraver. Cela affecte de nombreuses activités, notamment les centrales hydroélectriques (17,5 % de l’électricité mondiale). Pour permettre aux entreprises de gagner du temps dans le dédommagement des arrêts de la production liées aux sécheresses, Axa a donc développé un système d’assurance paramétrique. Quand le niveau des précipitation atteint un certain seuil, le paiement du sinistre est automatique, sans qu’il soit besoin de l’évaluer sur place.

5. Recycler les eaux usées

Avec ses 3,6 millions d’habitants Durban est la deuxième zone urbaine d’Afrique du Sud. Une zone confrontée à un fort stress hydrique, des conflits d’usages entre agriculteurs, industriels et une population croissante, mais aussi à des problèmes d’assainissements importants. Avec son usine Durban Water Recycling, Veolia recycle 98 % des eaux usées de la ville pour lui permettre une deuxième vie, destinée à un usage industriel local.

Cette réduction des prélèvements d’eau dans l’environnement permet de consacrer 40 000 m3 supplémentaires d’eau potable aux habitants de la ville, soit l’équivalent de 13 piscines olympiques. L’intérêt est aussi économique. En utilisant de l’eau recyclée, les industriels la paient 40 % moins chères que l'eau primaire. Une économie annuelle globale de 5 millions d’euros.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

L'abécédaire "Ménager l’eau" d’Epe (Entreprises pour l’environnement) est disponible ici.


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