Publié le 27 juin 2017

ENTREPRISES RESPONSABLES

Avec un premier Green Bond de 500 millions d’euros, la RATP met sa transition énergétique sur de bons rails

La RATP a émis un Green bond, une obligation verte, de 500 millions d’euros. Cette somme va permettre de renouveler et d’améliorer certains de ses matériels roulants et plusieurs infrastructures en Île-de-France. Une autre émission d’obligations vertes est déjà envisagée pour procéder au remplacement des bus de l’agglomération parisienne.

Metro RATP
La RATP a émis une obligation verte de 500 millions d'euros pour financer sa transition énergétique.
RATP

La régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a annoncé jeudi 23 juin le succès de l'émission de son premier Green Bond (obligation verte). La somme recueillie s'élève à 500 millions d’euros. Un montant plutôt modeste au regard de l’engouement des investisseurs. Le spécialiste des transports a été assisté par Crédit Agricole, CIB, HSBC et Natixis.

Selon l’entreprise, ce premier Green Bonds va "soutenir la politique de RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et démontrer la volonté (de la RATP) de relever le défi du changement climatique". Ces 500 millions d’euros vont permettre de financer trois projets : "le renouvellement du parc de matériel roulant du RER A, la ligne ferroviaire urbaine la plus fréquentée d’Europe avec plus d’1,2 million de voyageurs par jour", "l’automatisation de la ligne 4 du métro, 2e ligne la plus fréquentée du métro parisien" et "l’achat de locotracteurs bimodes électriques pour la maintenance des infrastructures RER".

Éliminer des motrices diesel

Le Green bond ne financera pas l’intégralité de ces chantiers. Par exemple à lui seul, l’achat des nouveaux trains pour la ligne A s’élève à 2 milliards d’euros. Le majeure partie des fonds viendra de l’ancien Syndicat des Transports d'Ile-de-France (STIF), désormais renommé "Île de France Mobilités". Un recours au Green Bond pour financer ces programmes est justifié par le fait qu’il s’agit "de promouvoir la mobilité électrique dans les transports publics", explique l’entreprise à Novethic.

À titre d’exemple, les locotracteurs, utilisés lors des travaux sur les voies, seront désormais bimodes. Fonctionnant à l'électricité, ils pourront tirer leur énergie depuis les caténaires en temps normal. Mais en cas de coupure d'électricité pour sécuriser un chantier, les engins puiseront leurs électrons dans des batteries embarquées. Auparavant, ces locomotives devaient utiliser des motorisations diesel, émettrices de CO2 et de microparticules.

Un deuxième Green Bond en vue

Selon nos informations, la RATP réfléchit déjà à une prochaine émission d’obligations vertes, même si la date et le montant ne sont encore connus. Cette nouvelle opération doit permettre de financer le programme "Bus 2025", un projet de 569 millions d’euros. Le but est, à cette date, de remplacer les 4 600 bus de la régie par des véhicules propres. 80 % d’entre eux seront électriques, 20 % rouleront au biogaz.

La RATP ne devrait pas avoir trop de difficultés à lever une nouvelle somme sur le marché des Green Bonds puisque, lors de la première opération du genre, le livre d’ordres (les intentions d’achat) a atteint 1,6 milliard d’euros… Plus de trois fois la somme attendue par l’entreprise francilienne.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

 

Apple et Starbucks misent aussi sur les Green Bonds

Les Greens Bond montent en puissance. Le marché s’est élevé à 95 milliards de dollars en 2016 et pourrait atteindre 123 milliards en 2017 selon BNEF. Mi-juin, Apple lançait un Green Bond de 1 milliard de dollars destiné au développement des énergies renouvelables. Il aidera l’entreprise à respecter sa promesse de consommer 100 % d'électricité verte à terme. Par ce biais, Tim Cock, le président de l’entreprise à la pomme, adressait surtout un message à Donald Trump pour lui faire comprendre ce qu’il pense de la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris. Starbucks vient, à son tour, d’annoncer l’émission d’une obligation verte. Le but est de développer une politique de commerce équitable et d’accès aux systèmes de protections sociales auprès des producteurs de café.

 

 


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