Publié le 02 juillet 2018

ENTREPRISES RESPONSABLES

Avec son nouvel outil SPOT, L’Oréal met la RSE au cœur de son innovation

D’ici à 2020, 100 % des produits L’Oréal présenteront un profil environnemental ou social amélioré. Pour réussir sur un périmètre aussi large, le groupe mise sur un outil d’évaluation et de suivi qu’il a mis deux ans à élaborer. Baptisé SPOT, il permet de visualiser très rapidement les points d’amélioration d'un produit.

LOREAL OUTIL SPOT
L'Oreal déploie l'outil SPOT pour vérifier les risques environnementaux et sociaux de tous ses produits.
@L'Oreal

En 2017, lorsque la marque Vichy a voulu remettre au goût du jour sa crème Aqualia Thermal, les équipes ont pu s’appuyer sur un outil développé par sa maison mère, l’Oréal, pour améliorer son impact à la fois sur l’environnement et sur le social. Par exemple, le taux de biodégradabilité de la formule est passé de 71% à 97 % et la proportion d’ingrédients renouvelables a grimpé de 55% à 95%, grâce notamment à l’intégration du beurre de karité issu de la filière solidarity sourcing du groupe. La recyclabilité de l’emballage a elle aussi été améliorée en intégrant davantage de verre recyclé dans le pot et en supprimant le pelliculage de l’étui.

Cet outil, c'est SPOT (Sustainable Product Optimization Tool). Il est le fruit d’un travail de collaboration entre les équipes internes de L’Oréal et un panel d’experts internationaux de près de deux ans. Sa méthodologie s’appuie sur 14 critères de durabilité allant des émissions de gaz à effet de serre en équivalent CO2 aux conditions de travail des collaborateurs en passant par la relation avec les communautés locales.

Outil de benchmark

Tout le cycle de vie, de la production de matières premières jusqu’à sa fin de vie, est passés au crible par le biais de ces indicateurs. Puis, ces éléments sont croisés avec toutes une multitude de bases de données mesurant les risques environnementaux, sociaux et sociétaux des matières ou des zones géographiques.

"Cela demande une très bonne connaissance de sa chaîne de valeur et d’avoir des données les plus fiables possibles. Cela nous a été permis par la qualité de notre sourcing, de nos audits et de nos relations avec nos fournisseurs", souligne Alexandra Palt, la directrice générale en charge de la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) chez L'Oréal.

À ce jour, le groupe s’enorgueillit d’être seul à disposer d’un outil aussi puissant mais se montre prêt à partager son expérience : "l’idée est d’encourager les autres à faire de même pour que, in fine, le consommateur puisse comparer les produits entre eux", assure ainsi Alexandra Palt. La méthodologie est ainsi partagée avec d’autres industriels, notamment dans le cadre d’un groupe de travail sur le packaging.

Transformation de l'entreprise

Au-delà du résultat technique, la directrice du développement durable y voit en effet un puissant outil de transformation de l’entreprise. En utilisant systématiquement cet outil dès la conception ou en amont de la rénovation d’un produit, "nous changeons totalement de paradigme en transformant totalement notre façon de penser et de faire, assure Alexandra Palt. Avant nous avions deux critères : la satisfaction consommateur et le bénéfice économique. Nous rajoutons la dimension RSE à l’ensemble des produits créés ou rénovés. Cela veut dire que les autres services comme les équipes R&D ou marketing par exemple, doivent intégrer totalement la RSE dans leur démarche…"

L’an dernier 100 % des nouveaux produits, soit plus de 2 300 entrées, ont ainsi été évalués grâce à SPOT. Un pas de plus vers l’objectif que le groupe s’est fixé : d’ici 2020, 100 % des produits L’Oréal devront présenter un profil environnemental et/ou social amélioré.

Enjeu de communication

Le seul regret vient aujourd’hui de la façon dont l’outil peut être utilisé pour mieux communiquer sur la soutenabilité des produits auprès des consommateurs. Ces derniers mois, le groupe a réalisé plusieurs focus group avec les consommateurs pour savoir comment ils souhaitaient être informés de l’impact environnemental ou social des produits.

"Ce qui ressort très nettement, c’est qu’ils ne veulent pas de cette information au moment de l’achat, déplore Alexandra Palt. Nous allons donc mettre des données à dispositions davantage par le biais de nos sites internet. Pour autant, nous croyons fermement au fait que cela va changer. Et ce jour-là, nous serons prêts !".

Béatrice Héraud @beatriceheraud 


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