C’est depuis l’espace que les humains peuvent prendre conscience de l’état global de notre planète et c’est aussi de là que des solutions peuvent émerger pour sauver son climat. Aussi, les millions de dollars investis dans des satellites, sondes et lanceurs sont en partie investis pour notre environnement.


2019 sera une année charnière pour la conquête spatiale. Déjà, nous avons vu la Chine se poser sur la face cachée de la Lune. SpaceX arrimer sa Crew Dragon à la station spatiale internationale (ISS). La sonde New Horizons de la NASA voler près d’Ultima Thule, l’objet le plus éloigné approché par l’Homme. Et de nombreuses autres réussites sont à venir.
Pourtant, on entend des esprits chagrins, dans la classe politique et les médias, dire que ces exploits ne servent à rien, si ce n’est engloutir des millions de dollars qui seraient plus utiles ailleurs. Pour ceux que la connaissance scientifique ne suffit pas à animer, il faut avoir en tête que ces succès hypermédiatiques sont le fer de lance d’une armada de missions qui veille sur notre Terre.
C’est depuis l’espace que la Nasa nous informe de l’état des glaces de nos pôles et de la montée des océans. C’est depuis l’espace que l’agence spatiale européenne mesure l’évolution des températures globales et nous rappelle que nous sommes déjà hors des clous fixés par l’Accord de Paris. C’est depuis l’espace que les pays les plus vulnérables peuvent anticiper l’arrivée des ouragans de plus en plus destructeurs.
Age d’or de la données
Le New York Times, dans un plaidoyer pour la conquête spatiale, écrit : “Nous vivons au début d’une ère sombre marquée par le réchauffement climatique. Mais nous vivons également un âge d’or de la donnée environnementale, dans lequel notre technologie spatiale peut fournir des mesures aux implications profondes“.
Le combat, qui a opposé maison Blanche et Sénat sur la Nasa, l’illustre. L’agence spatiale américaine a un budget de plus de 19 milliards de dollars dont 10 % sont consacrés aux sciences de la Terre. L’administration Trump, climatosceptique, a eu pour ambition de couper ce budget. Le Sénat s’est battu bec et ongles pour limiter les dégâts.
L’espace est aujourd’hui le meilleur endroit pour être au chevet de notre atmosphère malade. C’est l’un des témoignages les plus frappants qu’a rapporté le spationaute Français Thomas Pesquet depuis son voyage sur l’ISS et où il invitait tous les dirigeants à venir voir la réalité.
Et au-delà du constat, l’espace est aussi le lieu des solutions. Le projet chinois de stations solaires en orbite dont l’énergie serait envoyée vers la Terre, pourrait être réalité dès 2030. Vers 2050, c’est l’exploitation minière spatiale qui semble être de l’ordre du possible. L’extraction de terres rares ou de métaux, ailleurs que sur Terre où les dégâts environnementaux sont considérables, permettrait de rendre les transitions écologiques et numériques réellement propres.
Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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