La Cour des comptes préconise dans un nouveau rapport le remboursement des psychologues libéraux par l'Assurance maladie. C'est le médecin traitant qui fera l'effet de "filtre". Cette mesure permettra de désengorger les Centres médico-psychologiques et pourrait répondre à la détresse psychologique que beaucoup de Français subissent aujourd'hui en raison de la pandémie.  

C’est un coût énorme pour les plus modestes. Le prix d’une séance chez le psychologue varie en moyenne entre 50 et 90 euros sans être remboursé par la Sécurité sociale. Or, pour la Cour des comptes, il y a urgence à revoir la donne. Dans un rapport publié le 16 février, les magistrats financiers exhortent le gouvernement à "généraliser dès que possible" le remboursement des psychologues libéraux par l’Assurance maladie. Quatre départements testent déjà cette possibilité.
Cette mesure, si elle est généralisée, devrait coûter 85 millions d’euros par an, selon la Cour des comptes. Elle permettra surtout de désengorger les Centres médico-psychologiques (CMP) pour qu’ils puissent traiter les pathologies les plus lourdes. "C’est grâce à la mise en place de solutions thérapeutiques éprouvées et de coût modéré que l’on évitera de recourir de manière abusive et souvent inefficace à des soins spécialisés, plus coûteux", explique la Cour des comptes. 
La troisième vague de la santé mentale 
Concrètement, elle propose de mettre en place un filtre : le médecin traitant. Ce dernier, en première ligne, permettra d’orienter le patient soit vers les CMP pour les publics prioritaires, soit vers les soins d’un psychologue. Le médecin devra ainsi grader l’état psychologique du patient. La dégradation de la santé mentale est une question prioritaire depuis la pandémie de Covid-19. Le gouvernement s’est d’ailleurs inquiété en novembre dernier du risque d’une "troisième vague", celle de la "santé mentale"
Dès la fin de l’année, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, observait une "augmentation importante des états dépressifs. Le nombre de personnes concernées a doublé entre fin septembre et début novembre", notait-il. "Cette épidémie est stressante, anxiogène, et peut générer une souffrance psychologique pour nombre d’entre nous", expliquait-il. 
"Dans cette crise, il ne s’agit pas que de réanimation respiratoire, on a besoin d’être réanimés moralement et psychologiquement. On est en état de mort psychologique du fait de la durée de cette pandémie et du manque de perspectives", observe dans Elle, Ariane Calvo, psychologue et auteure du "Petit guide de survie psychologique en temps de crise sanitaire". Pour elle, le remboursement des psychologues permettra d’éviter que "la déprime s’installe". 
Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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