Publié le 26 avril 2007

SOCIAL

Quinzaine du commerce équitable et appel des ONG aux candidats du 2ème tour

Alors que s'ouvre la Quinzaine du commerce équitable (27 avril-13 mai), le collectif 2007 Etat d'Urgence Planétaire réitère ses revendications et interpelle les deux candidats à l'élection présidentielle. Le MDRGF publie par ailleurs une évaluation des programmes de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy concernant les pesticides et l'agriculture biologique.

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Le programme de la Quinzaine

2007 sera la 3ème année du Forum National du Commerce Equitable, qui se déroule les 27 et 28 avril à la Cité des Sciences de Paris. 94 exposants (alimentaire, textile, déco, cosmétique, tourisme...) seront réunis pour présenter leurs produits, parallèlement aux différents débats organisés sur les enjeux et l'avenir du commerce équitable. Un espace sera notamment consacré aux porteurs de projets. La Qinzaine s'achèvera le 13 mai au Cabaret Sauvage avec l'Ethical Market, à la fois grand marché éthique et happening festif.

Avec la campagne pour les présidentielles, la 7ème édition de la Quinzaine du Commerce s'ouvre dans un contexte inhabituel. Le commerce équitable est de plus en plus connu du grand public (74% des Français) et suscite, à ce titre, de plus en plus d'intérêt et d'attentes chez les consommateurs. Les ONG réunies dans le collectif "2007 Etat d'Urgence Planétaire" ont rappelé aux candidats les enjeux du secteur et la nécessité de trouver un appui au sein des pouvoirs publics. Tout comme l'Alliance pour la planète l'avait fait sur les sujets environnementaux, le collectif a évalué les programmes politiques au regard de leurs propositions. La première, qui demande de « soutenir et renforcer les acteurs du commerce équitable » n'a été reprise par aucun des deux candidats présents au 2ème tour des présidentielles, la seconde proposition non plus qui demandait d'intégrer l'éducation au commerce équitable dans les programmes scolaires. La 3ème -Promouvoir une législation qui protège le commerce équitable contre les risques de récupération par des acteurs qui ne respecteraient pas ces critères et principes- n'a pas été reprise par l'UMP. En revanche, le PS propose « la création de labels sociaux, sous le contrôle des pouvoirs publics, concernant la traçabilité des produits, afin de soutenir le commerce équitable ». Pour les ONG, cette mesure « va dans le sens général d'une implication des pouvoirs publics dans la reconnaissance des critères du commerce équitable que nous demandons. Néanmoins, cette formulation fait apparaître un risque de confusion entre labels sociaux et commerce équitable, ce qui nous apparaît préoccupant », observent-elles. Enfin, s'agissant de la promotion « des politiques publiques contribuant à rendre équitable l'ensemble du commerce international », les ONG relèvent que le PS « fait état de la nécessité d'un changement plus global des règles et des pratiques du commerce international conventionnel ». Le PS propose en outre la création d'une « ONU économique » et d'un « Conseilmondial du développement durable », et incite l'OMC à se soumettre « au respect des normes sociales et environnementales ». Côté UMP, le collectif constate en revanche que « le programme ne remet pas en cause les règles et les pratiques du commerce international conventionnel », même s'il affirme « exiger la prise en compte des impératifs sociaux et écologiques dans les négociations commerciales internationales». Cette proposition est jugée trop vague, dans la mesure où l'UMP n'indique pas les moyens « de satisfaire à une telle exigence ». Enfin, si Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont finalement décliné leurs « demandes répétées de rendez-vous », la candidate socialiste a cependant envoyé une lettre de réponse et d'engagements sur ces questions aux ONG.

Engagements sur le bio

Si le commerce équitable semble, au final, recueillir peu d'engagements de la part des candidats, l'agriculture biologique apparaît mieux lotie. Le MDGRF (Mouvement pour le développement et les générations futures, qui milite pour les alternatives aux pesticides), publie sur son site Internet www.pesticides2007.com les engagements des deux candidats à quelques jours du second tour. L'association note que « Mme Royal s'est maintenant arrêtée sur un positionnement clair (...) : réduction de l'usage des pesticides, moratoire sur les OGM, soutien à l'agriculture biologique...sont à son programme », se félicite le MDGRF. Concernant les positions de Nicolas Sarkozy, elles « restent malheureusement très conservatrices », déplore l'association. « Refus d'un moratoire sur les OGM, pas d'objectif de réduction de l'utilisation des pesticides, soutien à l'agriculture raisonnée...sont autant de raisons de penser que, si il venait à être élu, l'agriculture française ne se préoccuperait pas beaucoup d'environnement ! ». Le candidat de l'UMP s'est toutefois engagé, dans une lettre envoyée à la veille du 1er tour, à ce que la France puisse couvrir par sa propre production sa consommation de produits bio -actuellement, le pays importe 70% de ces produits-. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy affirme vouloir rééquilibrer les crédits de recherche en faveur de l'agriculture biologique, « afin que la France puisse rattraper son retard dans ce domaine. » S'agissant des pesticides, le candidat n'évoque pas d'alternatives mais indique vouloir « tendre vers des utilisations mesurées des produits phytosanitaires » et « recourir à ces produits quand c'est nécessaire ».

Véronique Smée
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