Publié le 16 novembre 2012

SOCIAL

L'épargne salariale solidaire s'élève à 2,6 milliards d'euros

Dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire, Finansol a présenté le 15 novembre les chiffres issus du 5e Baromètre professionnel de la finance solidaire. Les chiffres montrent cette année encore la croissance de l'épargne solidaire, grâce à l'épargne salariale solidaire, dont l'encours se chiffre aujourd'hui à 2,6 milliards d'euros.

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3, 5 milliards d'euros. C'est le montant des encours des finances solidaires à fin 2011 (soit +15% en un an), hausse qui devrait se poursuivre pour la fin 2012 sur le même rythme, selon le président de Finansol François de Witt. Cette hausse continue est aussi celle du nombre d'épargnants, estimés à 900 000 aujourd'hui. « Nous ne sommes plus dans le cercle des militants, explique Frédéric Fourrier, responsable de l'observatoire de la finance solidaire et du label Finansol. L'épargne salariale solidaire a progressé de plus de 50% sur le 1er semestre 2012 grâce aux 700 000 salariés qui ont déjà choisi un fonds solidaire pour investir leur épargne d'entreprise. »Selon les chiffres de l'AFG au 30 juin 2012, l'encours de l'épargne salariale solidaire* a en effet été multiplié par plus de 4, passant de 600 millions d'euros en 2009 à 2,6 milliards d'euros. Elle représente désormais les trois quarts de la finance solidaire.

Sur les 900 000 Français qui ont souscrit un produit d'épargne solidaire, plus de 3 épargnants solidaires sur 4 le sont via la sélection du fonds solidaire dans leur dispositif d'épargne d'entreprise (PEE, PEI, PERCO et PERCOI), soit plus de 700 000 salariés. Entre 30 000 et 40 000 personnes sont des épargnants solidaires par le biais d'un contrat d'assurance-vie ou d'un OPCVM commercialisé dans les réseaux bancaires et mutualistes et plus de 70 000 épargnants solidaires ont choisi d'investir au capital d'entreprises solidaires.

Un faible pourcentage dans l'éaprgne totale des Français

Pour autant, cette forte progression des encours solidaires doit être relativisée au regard de ce qu'ils représentent dans l'épargne des Français - de l'ordre de 1 pour 1000, puisque l'épargne globale des ménages est actuellement de 3500 milliards d'euros. Et ce, même si le nombre de placements possibles a augmenté ( livrets d'épargne , assurance-vie, épargne salariale, souscriptions directes au capital des entreprises) et que la quasi-totalité des grandes banques y participent.
Rappelons que l'épargne solidaire a permis depuis 10 ans de créer 200 000 emplois, 82 000 entreprises et de loger 33 000 personnes en difficulté. Pour développer le secteur, Finansol propose la création d'un « produit bancaire simple, et à grande diffusion », tels que les comptes à terme et les livrets. « Un livet conçu sur le modèle du livret A, dans lequel un pourcentage des encours, et non des intérêts, serait placé dans l'économie solidaire, explique François de Witt. De fait, accéder à un livret grand public permettrait de sortir de l'épargne militante et de changer d'échelle, ce que demandent aujourd'hui les acteurs de la finance solidaire.

Changer d'échelle : une vision aujourd'hui partagée par la Commission européenne et Michel Barnier, commissaire au marché intérieur et aux services financiers (voir article lié). Celui-ci a présenté une proposition de règlement pour créer un « fonds d'entrepreneuriat social européen » et favoriser l'investissement dans les entreprises solidaires, sous forme de label. Pour l'obtenir, les fonds devront prouver que 70% du capital est investi dans des entreprises sociales. Le potentiel de développement de l'entreprenariat social (11 millions de salariés en Europe) convainc désormais les acteurs de la finance « conventionnelle », qui y voient l'opportunité de créer des emplois tout en apportant des services que les états n'ont plus les moyens d'assumer, et qui constituent un facteur de cohésion sociale...

En France, le projet de loi sur l'Economie sociale et solidaire (ESS) présenté par le ministre délégué à l'ESS, Benoît Hamon, Conseil des ministre le 5 septembre vise également à développer un secteur considéré aujourd'hui, avec ses 308.000 emplois en France, comme un outil pour de "redressement économique". La reprise d'entreprises sous forme de Scop devrait également être encouragée dans ce futur texte présenté au cours du premier semestre 2013 et qui permettra
une reconnaissance légale de ce secteur qui ne repose jusqu'ici sur aucune définition précise. D'ici l'adoption de cette loi, l'ESS bénéficiera de la mise en place des emplois d'avenir et de la Banque publique d'investissement, qui comprend un compartiment dédié au développement du secteur.

Véronique Smée
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