Publié le 14 mars 2018

SOCIAL

#FrenchImpact Fleurs d’Ici mise sur des fleurs de saison et locales, en circuit-court

Chaque semaine, Novethic vous fait découvrir un acteur clé du monde de l’économie sociale et solidaire désormais rassemblé sous la bannière French Impact. Aujourd'hui, retrouvons l’entreprise Fleurs d’Ici, qui s’est donnée pour mission de reconstituer la filière horticole française. La plateforme en ligne propose des bouquets de saison et locaux, en circuit-court.

La plateforme emploie des personnes en insertion pour la préparation des bouquets.
@Fleursd'ici

Ces trente dernières années, deux exploitations horticoles sur trois ont fermé en France. Rien qu’en Île-de-France, nous sommes passé de 200 producteurs à seulement une trentaine. Face à ce constat, Hortense Harang et Chloé Rossignol ont lancé en juin 2017 "Fleurs d’ici", une plateforme en ligne qui propose des bouquets de saison et locaux, en circuit-court.

"Nous fonctionnons comme les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) avec des personnes qui s’abonnent à nos paniers. Chaque semaine ou chaque mois, selon leurs envies, au lieu de recevoir des légumes, ils reçoivent un bouquet de fleurs fraîches et locales", résume Hortense Harang. Les prix varient de 39 euros pour un bouquet à 1 029 euros pour un abonnement de six mois pour 24 bouquets. Ces sommes doivent assurer un revenu juste au producteur.

Femmes en insertion

L’objectif pour cette ancienne journaliste en politique étrangère est de convaincre les derniers horticulteurs de ne pas lâcher à leur tour. Pour cela, il a fallu recréer une filière pour vendre leurs fleurs. "Grâce à Internet, nous avons réussi à nous faire une place sur le marché, avec un modèle économique viable, explique Hortense. Car cela nous permet de toucher le public le plus large possible."

Concrètement, vous commandez en ligne un bouquet ou un abonnement pour trois ou six mois. Les fleurs, cultivées en Île-de-France, sont coupées le mercredi après-midi. Le jeudi matin, elles sont préparées par des femmes en insertion dans un atelier situé aux Grands Voisins, un espace abandonné de l'hôpital Saint-Vincent dans le 14e arrondissement de Paris. Des fleuristes indépendants viennent ensuite sur place réaliser les bouquets. Puis ceux-ci sont livrés dans l’après-midi en vélo ou voiture électrique à Paris et en petite couronne.

Pas de pertes

"Nous économisons sur le foncier, détaille Hortense, mais aussi sur les camions réfrigérés dont nous nous passons totalement. Nous n’avons pas non plus de pertes, car nous nous engageons auprès des producteurs sur une certaine durée, ce qui leur offre de la visibilité. Finalement ce qui nous coûte le plus cher, c’est la livraison." 

Pour sensibiliser le consommateur, chaque semaine une fleur est mise en avant dans une fiche explicative envoyée avec le bouquet. Sont détaillés son origine géographique, la façon dont elle est cultivée, qui est le producteur, avec en prime des conseils d’entretien. "Cette démarche est essentielle, car la tendance est d’aller vers plus de transparence avec des consommateurs de plus en plus exigeants", précise la cofondatrice.

Fleurs d’Ici est aujourd’hui en phase de développement avec un déploiement dans de grandes villes de France, à commencer par Bordeaux et Lyon. Pour cela, l’entreprise s’appuie sur des producteurs locaux et le réseau des fleuristes existant pour réaliser la préparation des bouquets. "C’est aussi une façon de les soutenir, car à terme, ils seront de plus en plus menacés par les plateformes numériques", souligne Hortense.  

Concepcion Alvarez @conce1


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