Publié le 11 avril 2018

SOCIAL

#FrenchImpact Le groupe Up se bat pour concilier bénéfices et esprit coopératif

Chaque semaine, Novethic vous fait découvrir un acteur clé du monde de l’économie sociale et solidaire (ESS) désormais rassemblé sous la bannière French Impact. Aujourd'hui, rencontre avec le groupe Up, plus connu sous son ancien nom Chèque-déjeuner. Depuis sa création en 1964 sous forme de Scop, le groupe a bien évolué et s'est beaucoup agrandi. Aujourd'hui, il remet au cœur de son développement ses principes coopératifs, tout en préservant l'impératif économique.

Siege up gennevilliers up
Le groupe Up compte 800 sociétaires sur 1 500 salariés en France.
@Up

Vous êtes peut-être déjà tombé sur le nouveau programme-court diffusé sur France 2 juste après le JT de 20h baptisé "Demain le quotidien". Il s’agit de suivre un groupe d’experts adeptes des bonnes pratiques dans un contexte de transformation sociétale. Diffusé jusqu’au 17 mai, il aborde diverses thématiques telles que les achats responsables, le bénévolat, la pause-déjeuner ou encore le bonheur au travail.

Derrière cette série d’animation se trouve le groupe Up, anciennement Chèque-déjeuner, première coopérative de salariés en France. "Notre objectif est double : asseoir notre notoriété de marque et montrer que Up est présent à chaque instant du quotidien sur des aspects encore méconnus du grand public", explique Arnaud Breuil, responsable Écosystème et engagement du groupe.

Dès 1995, Up a participé à l’émergence des chèques Cesu (Emploi service universel) en collaboration avec les organisations syndicales et les associations d’aides à domicile. "Il s’agissait alors de répondre à un besoin sociétal fort afin de permettre aux salariés de compenser le coût lié à la prise en charge d’un parent dépendant, et pour l’entreprise de garder ses équipes", poursuit Arnaud Breuil.

Se développer ou mourir

C’était déjà dans ce même esprit que la coopérative a été créée en 1964. Alors uniquement spécialisée dans les titres restaurant, elle avait pour but de permettre à chacun d’accéder à la restauration collective et au bien manger. Une "soupape" très importante en matière de pouvoir d’achat encore aujourd’hui. "Dès le départ, il y avait la volonté de faire une entreprise différente, dont le capital est détenu par les salariés, à part égale quel que soit le statut, et dont la gouvernance est démocratique sur le principe d’une personne égale 1 voix", précise Arnaud Breuil.

Avec le temps, le groupe s’est développé et s’est agrandi, à coup de rachats. Outre les chèques-déjeuner, les Cesu, les chèques cadeau, les chèques vacances, les chèques lire, le groupe intervient également dans le domaine des logiciels de gestion de l’action sociale pour les collectivités… Au total, Up compte 3 400 collaborateurs dans 19 pays, 1,3 million de clients, 24,5 millions de bénéficiaires et près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Alors, comment garder sa fibre coopérative des origines dans ce contexte ?

"Pour faire face à une forte concurrence, nous avons choisi de nous développer et nous diversifier", admet Arnaud Breuil. Croître ou mourir... "Le choix de l’ouverture à l’international s’est d'ailleurs décidé à une voix près en conseil d'administration. Mais développement et croissance de l'entreprise ne sont pas antinomiques avec le respect des valeurs de l'économie sociale et solidaire. Cependant, pour investir et asseoir la pérennité de l'entreprise, il faut bien commencer par faire des bénéfices."

Réserve d’Indiens

En 2014, avec l’arrivée à la tête du groupe de Catherine Coupet, surnommée "la transformatrice", un nouvel élan est impulsé pour revenir aux fondamentaux. À cette époque, on ne comptait que 350 salariés sociétaires, soit seulement 16 % des salariés du groupe, contre près de 800 aujourd'hui. "Nous ne voulions pas devenir une petite réserve d’Indiens qui se replie sur elle-même", reconnaît Arnaud Breuil. 

L’année suivante, une proposition cruciale est déposée en Assemblée générale : fusionner la maison-mère avec les différentes filiales en France, et permettre à tous ces salariés de devenir sociétaire. "La résolution a été adoptée à 88 % par l'Assemblée générale, se souvient Arnaud Breuil avec encore beaucoup d’émotion. Les salariés ont privilégié la finalité de l’entreprise et les principes coopératifs." 

Aujourd’hui, cette nouvelle dynamique se poursuit avec des taux de participation en AG qui frôlent les 99 %. L’enjeu est désormais de mieux intégrer les filiales à l’étranger. Un accord de participation est en cours de préparation dans les pays où cela est possible. Autre enjeu de taille : accroître la part responsable de leurs achats, tout en gardant à l’esprit l’impératif économique. Car pour l'heure, ce choix reste encore trop coûteux et risqué.

Concepcion Alvarez, @conce1


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