Publié le 21 mars 2018

SOCIAL

#FrenchImpact La Macif fait entendre sa différence dans le monde concurrentiel de l’assurance

Chaque semaine, Novethic vous fait découvrir un acteur clé du monde de l’économie sociale et solidaire désormais rassemblé sous la bannière French Impact. Aujourd'hui, retrouvons la Macif. La mutuelle d’assurance créée en 1960 continue de défendre ardemment les valeurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) à travers une gouvernance démocratique et une évolution continue de ses missions. 

MCH 1333 Macif Mourad Chefai
La Macif compte près de 10 000 salariés et 5,3 millions de sociétaires.
@Macif / Mourad Chefaï

Dans l’économie sociale et solidaire (ESS), il y a quelques mastodontes historiques comme la Macif. Créée en 1960 à l’initiative d’un groupe de commerçants et d’industriels niortais qui souhaitait se passer d’intermédiaire, l’entreprise se présente toujours comme une mutuelle d’assurance et non pas comme un assureur. La différence a son importance puisqu’elle lui permet de se revendiquer de l’ESS. En effet, historiquement, toutes les mutuelles, coopératives, fondations et associations en font partie d’office de par leur statut.  

De cet héritage, la Macif a conservé la volonté de placer ses désormais 5 millions de sociétaires au cœur de sa stratégie. En refusant de rémunérer des actionnaires, elle réinvestit entièrement ses bénéfices dans la mise en place de meilleurs services et d’actions sociales. Une solution qui fait ses preuves. Le groupe ne cesse de grossir, il s’est diversifié avec une activité d’épargne/finance et de santé/prévoyance qui sont venues s’ajouter à l’assurance classique. Il compte aujourd’hui près de 10 000 salariés et pèse 6,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.  

1 400 délégués  

C’est finalement ce fonctionnement sur deux jambes qui distingue la Macif des autres assureurs, avec d’un côté la techno-structure "classique" qui comprend les salariés, et de l’autre l’aspect plus politique avec les sociétaires et les 1 400 délégués bénévoles élus par ces-derniers. "Les sociétaires élisent parmi eux des délégués de proximité, qui vont ensuite élire des délégués nationaux et des administrateurs. Le but est de faire remonter les besoins du terrain pour que le groupe Macif puisse y répondre soit en finançant un programme spécifique soit en créant une nouvelle offre de service", décrit Claude Verne, aujourd’hui administrateur au sein de l’entreprise.

Ce sont ainsi les sociétaires qui ont participé à la création de la Prestation solidarité chômage qui exonère des cotisations de mutuelle les adhérents pendant ce passage difficile. Un Fonds d’action sociale a également été créé pour aider les adhérents qui ne peuvent pas payer le reste à charge pour les soins dentaires notamment. Récemment, c’est un réseau social d’un nouveau genre qui a été lancé. Baptisé Diffuz, il met en relation bénévoles et associations pour des missions ponctuelles alors que le bénévolat de long terme peine à trouver preneur.

"Les délégués de proximité s’engagent aussi à réaliser des actions de solidarité sur leurs territoires en lien avec une association, par exemple un garage solidaire. On organise aussi des cafés mutualistes sur la mobilité pour informer les citoyens et orienter les personnes en difficulté vers des solutions locales. Cet équilibre entre pérennité économique d’une part et gouvernance démocratique d’autre part nous permet de faire vivre les valeurs de l’ESS. À titre personnel, c’est également très enrichissant", témoigne Claude Verne, engagé depuis plus de 20 ans.

Difficultés à recruter  

Le problème, c’est qu’il est de plus en plus difficile de recruter de nouveaux délégués. "Il faut dépoussiérer l’ESS car les jeunes, par ailleurs très engagés, ne se reconnaissent pas forcément dans cette économie. Le lancement par le gouvernement du French Impact pourra peut-être nous y aider", espère Claude Verne. Si les starts-up de l’entrepreneuriat social ou de l’économie collaborative attirent de plus en plus de jeunes talents, l’ESS "historique" peine à séduire car elle reste méconnue mais aussi parce qu’elle est souvent mise dans le même panier que les entreprises classiques.

Parfois à raison. Après une tentative de suicide en 2015, et malgré la mise en œuvre de mesures pour améliorer les conditions de travail et le bien être de ses salariés (renforcement des effectifs, agrandissement du site, aménagement du lieu de travail, participation des salariés à l'établissement des plannings), la Macif a été mise en demeure par l’inspection du travail avec obligation de réaliser une enquête sur les risques psychosociaux au sein de la plateforme téléphonique de Ris-Orangis dans l’Essonne. Certains salariés y dénoncent encore aujourd'hui "un travail à la chaîne moderne" où « tout est chronométré"… L’envers du décor.

Concepcion Alvarez @conce1


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