Publié le 04 août 2019

SOCIAL

[Bonne nouvelle] Quand une coopérative bio et locale fait revivre un village

Les petits villages se meurent… Mais ce n’est pas une fatalité ! Depuis quelques années, des initiatives locales tentent de redynamiser les bourgs de la campagne française à travers le retour des petits commerces de proximité. Exemple à Pieds de Borne, en Lozère.

Ma coop la vie au vert
"La Vie au Vert" implanté depuis 2012 à Pieds de Borne, en Lozère, compte 60 coopérateurs sur quelque 180 habitants.
@Ma coop-la vie en vert

Faire revivre un village en mettant en oeuvre des solutions pour consommer bio et local : c'est le pari que s'est fixé la coopérative d'habitants qui dynamise depuis 2012 Pied-de-Borne (Lozère) à travers une épicerie participative, en attendant des jardins partagés et une auberge.  

À l’origine du projet : l’envie d’"appliquer concrètement une sorte de développement local durable à l'échelle d'un village" en faisant en sorte que "les gens se réapproprient localement des enjeux forts comme l'alimentation, le fait de consommer local, d'être solidaires les uns des autres, de recréer du lien social", explique l'un des coopérateurs, Cyrille Souche, 49 ans, qui a monté Ma Coop - La Vie au Vert avec une dizaine d’autres personnes.

Au début pourtant, la démarche peine à convaincre. "Personne ne voulait en entendre parler, ni la mairie, ni la banque, ni les fournisseurs qui avaient essuyé trois plantages successifs avant nous", raconte-t-il. Quelques mois d’obstination plus tard, ils réussissent tout de même à obtenir les fonds nécessaires… et sept ans plus tard, le succès est au rendez-vous.

Le cœur du village

"La Vie au Vert" compte 60 coopérateurs sur quelque 180 habitants. La clientèle est essentiellement composée de néo-ruraux, de retraités, d'habitants de résidences secondaires et de touristes. L'épicerie/boulangerie coopérative fait un chiffre d'affaires de 300 000 euros par an, a créé six emplois au Smic, dispose de 2 000 produits référencés, dont plus de 60% bio tandis que les produits locaux représentent 30% des ventes. La mairie est désormais partie prenante de l'aventure et l'épicerie fournit la cantine de la petite école voisine, passée au bio depuis deux ans.

"L'épicerie c'est le cœur du village, on y fait la papote, on rigole mais surtout on partage une éthique de vie, une consommation saine et locale, et cette volonté de faire vivre le village, les vallées d'une façon correcte, respectueuse de l'environnement", souligne Valérie, une autre coopératrice. "L'épicerie d'avant, c'était un peu un mouroir alors qu'aujourd'hui la coopérative c'est une sorte de vie de famille, on a plein d'autres projets fantastiques qui se mettent en place en commun", s'enthousiasme Alexandre, retraité et ex-directeur de l'école.

La coopérative rurale lance actuellement des jardins participatifs, toujours dans l'idée de créer un circuit le plus court possible entre la production et la consommation. A l'automne, un atelier de transformation de produits alimentaires devrait également voir le jour. Et en mars 2020 l'ouverture d'une auberge - chambres et restaurant - devrait permettre de créer trois nouveaux emplois et d'élargir le nombre des coopérateurs pour donner un nouveau souffle à cette dynamique locale.

Béatrice Héraud avec AFP

   
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