Publié le 04 novembre 2017

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[VIDEO] En Arabie Saoudite, un robot humanoïde a plus de droits qu’une femme

Pour la première fois au monde, un pays a donné la citoyenneté à un robot. L'humanoïde Sophia est désormais Saoudienne. Au-delà du coup de communication du royaume, cette annonce crée la polémique car Sophia, elle, ne porte pas le voile intégral et ne semble pas être sous la tutelle d'un homme. Deux mesures auxquelles sont soumises les femmes en Arabie Saoudite.


"Je suis très honorée et fière de cette distinction unique (…) C’est historique d’être le premier robot au monde à être reconnue comme une citoyenne". Voilà les mots qu’a prononcés Sophia, ce robot humanoïde doté d’une intelligence artificielle, qui a reçu le 25 octobre, lors du forum économique Future Investment Initiative, la nationalité saoudienne.

Un coup de com'

Ce robot, censé s’inspirer des traits d’Audrey Hepburn, a été créé par la firme Hanson Robotics basée à Hong Kong. Elle a prononcé en direct un discours sur la chaîne Arab News. En offrant la citoyenneté à un robot, l’Arabie Saoudite se place en pionnier, même si, pour beaucoup de commentateurs, cette annonce relève plus d’un coup de communication que d’un réel changement.

Car Sophia n’a pas de conscience et son discours, teinté d’ironie, a été écrit à l’avance. Ainsi lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il ne fallait pas craindre les dérives de l’intelligence artificielle, elle lui a répondu "Vous lisez trop Elon Musk", en référence aux propos du patron de Tesla qui alerte souvent sur les dangers des robots.

Les droits de Sophie

Mais c’est surtout du côté des droits des femmes que la polémique a été la plus forte. Car Sophia ne porte pas le voile intégral, pourtant obligatoire en Arabie Saoudite et ne semble pas être sous la tutelle d’un homme. De même, elle a obtenu facilement la citoyenneté alors que les enfants nés d’une Saoudienne mais d’un père étranger ne peuvent l’obtenir. "Je me demande si le robot Sophie peut quitter l’Arabie Saoudite sans le consentement de son gardien !", a ainsi tweeté la féministe saoudienne Moudi Aljohani, réfugiée aux États-Unis. 

 

 

Ironiquement, sur Twitter est même apparu le mot-clé #Sophie_calls_for_dropping_guardianship, soit Sophie appelle à abandonner la tutelle. Même si quelques avancées sont à noter - le 26 septembre dernier, le roi Salman d’Arabie Saoudite a levé l’interdiction faite aux femmes de conduire -, l’Arabie Saoudite reste un pays très en retard en matière de droits humains. Il faudra plus que de donner la citoyenneté à un robot pour moderniser l'image du Royaume wahhabites. 

Marina Fabre @fabre_marina


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