Publié le 17 juillet 2017

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[VIDEO] 200 défenseurs de l'environnement assassinés : "les investisseurs alimentent la violence", selon Global Witness

C'est un triste record. 200 défenseurs de l'environnement, des activistes aux populations indigènes, ont été tués en 2016 selon un nouveau rapport de Global Witness. L'ONG pointe la responsabilité des entreprises et gouvernements mais aussi celle des investisseurs qui devraient garantir la protection des opposants avant de financer un projet. 

Berta Caceres luttait pour la préservation du fleuve Gualcarque menacé par un projet hydroélectrique. Elle a été assassinée le 3 mars 2016, suscitant une vague d'indignation dans le pays.
© Commission interaméricaine des droits humains

200. C'est le nombre de défenseurs de l'environnement et des droits fonciers tués en 2016. Un record depuis 2002, date à laquelle l’ONG Global Witness a commencé à recenser les assassinats de ces activistes. Et ce chiffre "n’est que la partie émergée de l’iceberg", explique Global Witness dans son rapport annuel, car tous les décès ne sont pas enregistrés.

La plupart des assassinats concernent l’Amérique latine, qui compte pour 60% des cas. Ils visent essentiellement des populations indigènes. Mais cette violence s’étend. En 2015, 16 pays étaient concernés contre 24 un an plus tard. Et les pays développés comme l’Australie ou les États-Unis sont aussi touchés.

 Les opposants aux exploitations minières en première ligne

"La bataille pour la protection de la planète s’intensifie rapidement et son prix se compte en vies humaines (…) alors que de plus en plus de gens n’ont pas d’autres options que de s’opposer au vol de leurs terres et la détérioration de leur environnement", souligne l’ONG. 33 personnes ont été tuées en luttant contre l’exploitation de mines. C’est le secteur le plus touché, devant l’industrie agroalimentaire, l’exploitation forestière, le braconnage et les barrages.

Les responsables de ces meurtres sont rarement identifiables mais pour certains cas, comme celui de Berta Caceres, militante pour l’environnement au Honduras, les coupables sont connus. "Certains faisaient partie de l’armée hondurienne, et deux autres travaillaient pour l’entreprise derrière le barrage hydroélectrique auquel Mme Caceres s’opposait", raconte Billy Kyte, principal auteur du rapport, au journal le Monde. "Ici, nous avons un exemple clair d’intérêts commerciaux et gouvernementaux travaillant ensemble pour faire taire des dissidents".

"Les investisseurs alimentent la violence"

Pour l’ONG, "les investisseurs alimentent la violence en soutenant des projets qui détruisent l’environnement et piétinent les droits humains", estiment les auteurs du rapport. Par exemple, la Banque néerlandaise de financement du développement (FMO), contrôlée à 51% par l’État, s’est retirée du projet hydroélectrique en Honduras mais seulement après l’assassinat de Berta Caceres. Pourtant, la militante avait reçu 33 menaces de mort avant son assassinat.

"Si un investissement ne peut être garanti de manière fiable, que des abus envers les défenseurs de l’environnement ne peuvent être empêchés, l’investissement ne devrait pas avoir lieu", estime Global Witness. "Les investisseurs doivent élaborer des politiques spécifiques selon les pays et prendre des mesures pour prévenir les menaces auxquelles les activistes font face".

Marina Fabre @fabre_marina


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