Publié le 15 avril 2020

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Coronavirus : Donald Trump suspend le financement des États-Unis à l’Organisation mondiale de la santé

Washington, le plus grand contributeur de l'Organisation mondiale de la santé, suspend ses financements à l'institution le temps qu'une enquête soit menée sur la gestion de la crise du Coronavirus par l'organisation. C'est ce qu'a annoncé Donald Trump le 15 avril, très critique envers l'OMS qu'il accuse de complaisance avec la Chine. Mais pour les opposants du Président américain, cette décision est surtout un prétexte pour cacher ses propres erreurs dans la gestion de la pandémie. 

Donald Trump Whitehouse
Le président américain a multiplié les critiques contre l'OMS ces derniers jours.
@WhiteHouse

Donald Trump a mis sa menace à exécution. Le président des États-Unis a annoncé le 15 avril qu’il suspendait la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le temps qu’une enquête soit menée sur le "rôle de l’OMS dans la sérieuse mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du Coronavirus". Les États-Unis sont le plus important contributeur de la planète avec 400 à 500 millions de dollars versés chaque année à l’organisation.

Déjà le 7 avril, Washington avait menacé de couper ses financements avant que Donald Trump ne fasse machine arrière. "Je ne dis pas que je vais le faire mais nous allons examiner cette possibilité", avait-il déclaré. Le Président américain estime que l’OMS a mal géré la crise et qu’elle est trop complaisante avec Pékin. "Si l’OMS avait fait son travail et envoyé des experts médicaux en Chine pour étudier objectivement la situation sur le terrain, l’épidémie aurait pu être contenue à sa source avec très peu de morts", a-t-il fait valoir.

Un pas "dangereux dans la mauvaise direction"

L’OMS a été critiquée par plusieurs pays pour avoir tardé à évaluer les dangers. "En janvier, l’OMS a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de transmission interhumaine de Covid-19. Mais alors que la Chine confirmait les premiers cas de transmission interhumaine, l’OMS a annoncé qu’il y avait une "transmission directe limitée entre humains", rappelle le Financial Times. "Plus tard dans le mois, l’OMS a décrit le virus comme une urgence mondiale mais a recommandé aux pays de garder leurs frontières ouvertes", ajoute le journal. 

La décision de Donald Trump a été très critiquée aux États-Unis et à l’international. Le président de l’American Medical Association, Dr Patrice Harris a qualifié cette décision d’un "pas dangereux dans la mauvaise direction qui ne facilitera pas la défaite du Covid-19". Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a appelé à l’unité. "Il est maintenant temps pour l’unité et pour la communauté internationale de travailler ensemble dans la solidarité pour arrêter ce virus et ses conséquences bouleversantes", a-t-il écrit. 

L'OMS, un bouc émissaire pour Donald Trump

Pour beaucoup de médias américains et opposants démocrates, en suspendant les financements américains à l’OMS, Donald Trump cherche un bouc émissaire alors qu’il est lui-même très critiqué sur sa gestion de la crise aux États-Unis où plus de 26 000 personnes sont déjà décédées du coronavirus. "En ce moment, il y a un effort très coordonné entre la Maison Blanche et leurs alliés pour essayer de trouver des boucs émissaires pour les erreurs fatales que le président a faites pendant les premiers stades de virus", a déclaré sur CNN le sénateur démocrate Chris Murphy. 

Et de fait, le président américain a reçu le soutien de plusieurs parlementaires républicains. Dans un tweet le sénateur républicain Josh Hawley a salué la décision de Donald Trump. "L’OMS est devenue une arme de propagande du Parti communiste chinois et est remplie d’apologistes du PCC. Elle a laissé tomber le monde dans cette situation d’urgence". 

 

Marina Fabre, @fabre_marina


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