Publié le 24 juillet 2020

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[Les nouvelles rives du tourisme] Les trains de nuit, bientôt plus tendance que l'avion

Voyager loin sans polluer, c'est une demande de plus en plus forte pour tourner le dos au tourisme de masse. Une promesse à laquelle les trains de nuit peuvent répondre. Ils connaissent un nouveau souffle à travers l'Europe. En France, le gouvernement doit rendre une étude sur le sujet à la rentrée et le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, assure qu'une redynamisation aura bien lieu. Toute la semaine Novethic s'interroge sur l'avenir du tourisme post Covid-19. 

Nightjet trains de nuit couchettes OBB
Les Capsules dites "minisuites" des trains de nuit Nightjet opérés par la compagnie autrichienne ÖBB.
@ÖBB

Après deux mois de confinement, beaucoup de Français ont nourri des envies d’évasion mais hésitent à alourdir leur empreinte carbone en prenant l’avion. Le train de nuit pourrait répondre à ces nouvelles attentes. C’est ce qu’indique une enquête (1) publiée le 9 juillet par la Fnaut (Fédération nationale des associations d'usagers des transports). Pour 51 % des personnes interrogées, l’avion "contribue trop au réchauffement climatique" et pour 84 % d’entre elles, le train de nuit constitue "une alternative pratique" (gain de temps, arrivée de bonne heure à destination, économie d’une nuit d’hôtel, arrivée en centre-ville).

"Le train de nuit n’a pas été ringardisé par le TGV, sa disparition n’est pas inéluctable" réagit Bruno Gazeau, le président de la Fnaut. En France, avec la concurrence des TGV aux horaires élargis, des vols à bas coût, de l’autocar et du covoiturage, il ne reste plus que deux lignes de train de nuit qui desservent les Hautes-Alpes et la région Occitanie (Paris-Briançon et Paris-Latour-de-Carol/Rodez/Toulouse-Portbou). Depuis 2016, les six autres ont été arrêtées, faute de rentabilité. Mais l’offre pourrait bien évoluer. Le gouvernement s’est engagé, dans le cadre de la loi Mobilité, à étudier "les conditions d'une amélioration de l'offre des trains de nuit". Ce rapport, attendu initialement le 30 juin, a été repoussé à la rentrée.

D'indispensables subventions

"Nous avons beaucoup d’ambition pour les trains de nuit en France (...), nous allons dans les semaines, dans les mois qui viennent avoir une politique de promotion et de redynamisation des trains de nuit", a d’ores et déjà promis en juillet Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports. "Tout le monde se plaint de ce tourisme de masse où l’on est parqué dans des vols low-cost, aux couleurs criardes. Alors que le train de nuit c’est prendre son temps et vivre une expérience. Le trajet n’est plus une corvée mais fait partie intégrante du voyage" a-t-il expliqué au micro d’Europe1.

Mais, pour être solvable, "le secteur a besoin d’être subventionné car c’est un marché de niche très dépendant de la saisonnalité (vacances, week-ends)", précise Bruno Gazeau. "Les trains de nuit sont en outre très impactés par les travaux sur le réseau, principalement réalisés la nuit. Il faudrait aussi moderniser les wagons pour répondre aux nouveaux besoins et pour les utiliser aussi bien de jour comme de nuit ou pour le frêt, et enfin trouver des dessertes de jour pertinentes pour rentabiliser au maximum l’offre" ajoute-t-il.

Malgré cela, la relance du train de nuit n’a rien d’utopique, à en croire le succès des chemins de fer autrichiens (ÖBB). La compagnie a investi 40 millions d'euros pour racheter l'activité train de nuit de la Deutsche Bahn, alors jugée non rentable. Les voyageurs peuvent désormais emprunter 27 liaisons de nuit, et ainsi rejoindre depuis Vienne, Zurich, Hambourg, Berlin, Munich ou encore Bruxelles. Une activité qui représente 20% du chiffre d'affaires Grandes Lignes. "Le nouveau périmètre des trains de nuit est assurément européen" poursuit Bruno Gazeau. La Fnaut propose ainsi d’utiliser le réseau des lignes à grande vitesse pour des "TGV de nuit du futur" pouvant parcourir 1 500 kilomètres en moins de 12 heures. 

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir les résultats de l'enquête de la Fnaut


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